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Lamia la Malveillante Dame Multivisage
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Joined: 13 Oct 2009 Posts: 8
Sexe:  Localisation: Pami ses petits sujets les Faucheurs Nombre RP(s): 7 Race: Déesse Masquée
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Posted: Tue 13 Oct 2009 - 20:06 Post subject: [RP Officiel / 14 Rutalis 1683] Une Aube Rouge |
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[HorsRP : Ce post est le Premier RP Officiel ! A la suite de ce post, tous les Souverains doivent poster leur serment d’allégeance et leurs observations entre autre. Chaque Souverain doit emmener avec lui un ou plusieurs membres de son Ordre. Les Héritiers doivent être présents, évidemment. Les membres de l’Ordre des Voleurs et de l’Ordre des Assassins (sauf les Souverains) doivent venir masqués car ils sont censés mener une double-vie. Les PNJs Souverains sont également indispensables. Veuillez m’envoyer un MP pour vous donner le mot de passe du compte PNJ si vous voulez les jouer. Mais je préférerais que vous utilisiez votre propre compte pour cet usage. A vos plumes !]
Le soleil se levait à l’horizon, déjà. C’était navrant. Surtout pour le Royaume Maudit qui allait de nouveau sombrer dans l’anarchie jusqu’à ce qu’un nouveau Roi ou une nouvelle Reine monte sur le trône. Mais là n’est pas la question. En ce jour, une toute autre affaire agitait le palais de la capitale Telrör. Les serviteurs s’empressaient dans les couloirs comme des souris apeurées ou s’affairaient à exaucer les quatre volontés de la Reine Céliya Sil’Raya dite Mor’Averh. Un cri strident retentit soudain, une porte claqua bruyamment contre un mur tapissé et une grande femme rousse sortit en trombe de la chambre royale. Ses traits altiers étaient peints d’une expression d’effroyable fureur. Et ses yeux de chats cherchaient une cible dans le couloir, passant sur les gardes hésitants et les serfs anxieux. Céliya finit par trouver son souffre-douleur en la personne de l’Intendant.
« Où est ma couturière ?! Réponds vite où je te fais rosser par la garde ! - Euh... Je... Je la fais quérir de suite, Majesté. - Hâte-toi dans ce cas !
Le caractère exécrable de la Reine avait empiré pendant toute la semaine. Aujourd’hui, on aurait pu dire qu’il atteignait son apogée. Mais comment en être sûr avec elle ?
Toute la semaine, des Quithoris avaient été envoyés dans le royaume. Tous les Ordres avaient été prévenus. Et pourquoi ? Pour un nouveau Serment d’Allégeance au palais. Et de qui l’idée venait ? Du Roi officiellement mais de la Reine officieusement. Aujourd’hui était le grand jour. Enfin, le jour dit. Alors le palais s’était transformé en branle-bas de combat. Dès le lever du soleil, la Reine avait fait sa crise car rien ne semblait lui convenir. Comme prévu. Enfin comme d’habitude. L'Intendant se serait arraché les cheveux s’il n’avait craint les coups de bâton si on s’était rendu compte que le sol était parsemé de poils grisonnants. Les six Souverains devaient arriver d’ici quatre heures. Tout devait être prêt pour les recevoir et les impressionner. Leur rappeler qui est bien le Roi.
~°~ Plus Tard ~°~ Dans la Grand’Salle, Céliya poussa un soupir exaspéré. Son mari faisait encore des siennes. Mais pourquoi Kilian l’avait-elle donnée à cet incapable ?
- Ecoute. Tu as tout à craindre des Souverains. Certes, cela fait quelques années qu’ils ne font pas parlés d’eux mais que font-ils dans l’ombre ? Ils conspirent contre le Trône ! Pour eux, les Héritiers sont des nuisibles, l’illusion d’un pouvoir central. Nous devons leur rappeler qui dirige le pays ! - Je sais bien, ma mie mais... Est-ce bien nécessaire toute cette mise en scène ?
Borric balaya de la main l’imposante pièce richement décorée, symbole de la magnificence du royaume de Telmàriën. Du haut plafond, parmi les lustres de cristal pendaient les oriflammes portant les emblèmes des trois Lignées : la Licorne des Lyedesse, le Lion des Sil’Raya et le Dragon des Mor’Averh. Une ligne de gardes stoïques et engoncés dans leurs armures s’alignait de chaque côté de l’allée, contre les murs, derrière la foule de princes et princesses qui, dans leurs plus beaux atouts, attendaient en chuchotant fébrilement. Le bouffon du Roi cabriolait autour du héraut qui tentait de le chasser de son sceptre avec agacement, au milieu du tapis écarlate, à mi-chemin entre le trône et les grandes portes.
Sur le trône de bois précieux sculpté et recouvert de feuilles d’or siégeait le Roi Borric Mor’Averh dans ses habits d’apparats. Tout de blanc et de pourpre vêtu, il s’était un peu avachi et sa couronne d’or et de diamants penchait d’un côté avec un air assez comique. Son visage déjà vieux exprimait une grande lassitude que ses yeux trahissaient aussitôt par leur inquiétude naturelle. Ses longs cheveux grisonnants retombaient sur son épaule gauche en une queue de cheval. A son cou pendait le collier royal porteur du dernier fragment d’étoile pur datant de quatre ans et source de bien des convoitises. Debout à sa droite, la Reine Céliya avait la main posée sur l’accoudoir et se dressait de toute sa hauteur dans sa longue robe de brocart pourpre. Sa flamboyante chevelure était retenue par un diadème d’argent et d’opales. Son expression témoignait de son exaspération précédente mais changea du tout au tout lorsqu’elle reporta son attention sur la Grand’Salle, retrouvant son air coutumier : mélange de suffisance, d’autosatisfaction et de froideur. Rien ne pourrait troubler ce jour. Ou du moins elle s’en persuadait.
Dans la foule de Sorins présents se trouvaient les six enfants du couple royal, disséminés un peu partout, se mêlant à leurs pairs : Adwirat, Fraeven, Jerau, Hania et Nydae. Quant au dernier, il y avait longtemps qu’il avait été oublié. Parmi eux se cachait, à l’écart des autres, leur cousine, Hermione Mor’Averh. Une moue écœurée gâchait son joli minois tandis qu’elle arpentait la foule, tournant en rond comme un fauve en cage. Les autres Héritiers lui accordaient à peine un regard ; cela eut été offensant pour toute autre qu’elle. Rien, de toute façon, n’aurait pu accroître son ressentiment à l’encontre de ses pairs... Elle rit sous cape en remarquant que le héraut avait enfin réussi à se débarrasser du bouffon royal. Elle jeta un regard froid à son père qui se détachait de la foule, en bas du trône, dans son costume d’apparat bleu et argent, sa crinière blond-roux élégamment retenue en catogan. Ni lui, Edward Mor’Averh et frère du Roi, ni personne d’autre ne lui gâcherait son plaisir aujourd’hui. Diviser pour mieux régner, telle était la devise de l’Héritière Mauvaise Hermione Mor’Averh.
Soudain, les portes s’ouvrirent. Le silence se fit immédiatement et les trompettes sonnèrent. Borric se redressa nerveusement, comme pris en faute tandis que les yeux perçants de son épouse se durcissaient. Tous les regards convergèrent vers les monumentales portes d’où émergèrent les Souverains des six autres Ordres, l’élite du royaume. Le héraut se racla la gorge avec embarras puis frappa trois coups de son sceptre sur le sol dallé de marbre. Sa voix de stentor résonna sous le haut plafond.
- Ses Seigneuries, les Souverains de Telmàriën viennent présenter leurs hommages à leurs toutes-puissantes Majestés, le Roi Borric et la Reine Céliya ! Les étoiles s’inclinent sur leur passage ! Que Kilian la Bienveillante les protège pour l’éternité à venir !
Les Souverains attendaient sur le seuil la fin des paroles rituelles censées donner une image de la grandeur de l’Ordre du Trône. Il y avait là deux femmes et quatre hommes. On finit par distinguer derrière eux un certain nombre de personnes, apparemment des membres de chaque Ordre pour égaliser la balance. Lorsque le héraut se tut et frappa de nouveau trois fois son bâton contre les dalles, seuls les Souverains s’avancèrent sur le long tapis rouge menant devant le trône, laissant derrière eux leurs gardes du corps. Le héraut les suivit et fit volte-face pour s’adresser à leurs Majestés.
- Leurs Seigneuries ici présentes offrent leur allégeance à leurs Protecteurs Royaux !
Puis, faisant subitement face aux Souverains, il leur demanda :
- Déclinez votre identité et votre but !
Tous les regards restaient fixés sur les six hommes et femmes les plus puissants avec le Roi, dirigeant chacun un Ordre concurrent de celui du Roi, dont les décisions politiques dépendaient presque le statut du Roi. Borric sentit un filet de sueur dégouliner sur son front et retint l’envie irrésistible de s’essuyer pour paraître un peu plus noble. Céliya scrutait intensément les visages en face d’elle, les dévisageant comme pour tenter de percer leurs pensées. Un détail la soudain fit tiquer. La Souveraine des Pirates brillait pas son absence. Elle ajouta cela à la longue liste de provocations dans son esprit paranoaïque. Tous les Héritiers attendaient la réponse des Souverains. Dans l’ombre, cachée par la foule de par sa petitesse, Hermione, elle, n’espérait qu’une chose et en salivait d’avance : la catastrophe à venir... _________________
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Aethen Meneldur Souverain(e) des Mages
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Joined: 02 Jun 2009 Posts: 118
Localisation: Aux Tours Maudites Nombre RP(s): 7 Race: Oryak Ordre: des Mages Alignement: Lumière Signe: le Vent
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Posted: Tue 13 Oct 2009 - 20:07 Post subject: [RP Officiel / 14 Rutalis 1683] Une Aube Rouge |
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 Eriméa MacDigual, Cal Alibëcha et Zara Howl Mages de Crépuscule & Mage de Ténèbres
Sage piailla un instant, protestant contre l’oubli de son maître. Mais celui-ci semblait si plonger dans ses réflexions qu’il n’y fit pas attention. Le Quithoris Aérien décida alors de bouder dans sa volière, puisqu’il n’aurait pas son repas tout de suite. Mais pour l’instant, Aethen n’avait que faire de son fidèle petit compagnon. Dans une heure tout au plus, il devait être parti pour la capitale.
Le jour où il avait reçu la missive, une semaine plus tôt, lui demandant de se rendre au palais de Telrör pour prêter une nouvelle fois allégeance au Roi et à la Reine, il avait tout de suite sentit qu’il y avait quelque chose de louche. Mais quoi ? Il n’en savait pour l’instant rien. Il avait débattu avec sa conscience, comme s’il se parlait à lui-même pendant plus d’une heure. Ensuite, il vint pourtant à prendre une décision. Il réunit tous les Mages – enfin ceux qui n’étaient pas partis en mission ou même en voyage – dans la plus grande salle du Dashràn ; c’est-à-dire l’Amphithéâtre. Mêmes les Aspirants avaient été prévenus et amenés par leurs Maîtres. Debout sur l’estrade, Aethen leur avait fait part du contenu de la missive et de sa décision de s’y conformer. Cela avait provoqué un tumulte depuis longtemps jamais vu chez l’Ordre des Mages... En fait, pas depuis quatre ans. Il avait vite calmé le flot de questions et présenter ses deux plus proches amis pour s’occuper de l’Ordre en son absence – qu’il précisa ne pas être bien longue : la Mage de Crépuscule Eriméa MacDigual du Signe de l’Eau et le Mage de Crépuscule Cal Alibëcha du Signe de la Terre. Avec lui, il avait décidé d’emmener la Mage de Ténèbres Zara Howl du Signe du Feu car elle avait déjà connu le couple royal durant la dernière Grande Quête, il y a quatre ans. Bref, il avait tout planifié pour son départ.
Il était prévu qu’il ne reste pas plus de deux ou trois jours là-bas. Il avait l’intention de louer une chambre dans Telrör. Il n’emmènerait pas Sage avec lui, le laissant aux bons soins de la charmeuse d’animaux en la personne d’Eriméa. Il ne partirait qu’avec le strict nécessaire.
Le jour de son départ était enfin arrivé. Aethen releva les yeux de sa pile de parchemins derrière laquelle il aurait presque pu disparaître, posée sur son bureau. Sage avait cessé de piailler, ce qu’il trouva étrange. Il se souvint alors qu’il devait le nourrir et se leva d’un bond de son fauteuil. Il alla vers la volière, glissa entre les barreaux un peu de nourriture que le Quithoris happa aussitôt, affamé. Un sourire attendri étira les lèvres du jeune Oryak. Puis il se rappela qu’il devait se hâter. D’ailleurs, on ne tarda pas à frapper à sa porte. Il s’empressa d’ouvrir pour tomber nez à nez avec ses deux amis et... Zara Howl. Celle-ci semblait furibonde. Elle le railla sans vergogne, un sourire narquois sur les lèvres.
- Dépêchez-vous, mon Souverain. Vous êtes en retard ! - Merci de me rappeler l’heure, Mage Howl. Vous êtes bien aimable.
Sa voix charriait des glaçons. Il n’avait jamais beaucoup apprécié Zara. Il ne la prenait avec lui que par nécessité. Peut-être ne l’avait-elle pas compris ? En tout cas, il ne la prenait certainement pas pour faire la conversation durant le voyage ! Derrière elle, Eriméa lui retourna un sourire espiègle et étrangement distant tandis que l’expression de Cal restait grave.
Aethen s’en retourna prendre son sac, s’arrêta un instant pour gratter Sage sous le menton puis franchit la porte de ses appartements en la fermant à clef. Clef qu’il hésita à confier à cette tête en l’air d’Eriméa pour finalement la déposer dans la main tendue de Cal. L’Humain aux yeux alertes avait toujours été grave et très sérieux mais là, ça frôlait l’inimaginable. Ses longs cheveux noirs de jais retombaient librement sur ses épaules massives. Lui qui d’ordinaire les attachaient, preuve de son imperturbabilité coutumière... Cela changeait tout.
Quant à Eriméa, ça n’avait rien à voir. La Vale à l’épaisse chevelure pourpre et aux prunelles de turquoise passait pour la créature la plus originale de l’Ordre. D’une mentalité presque sans logique, elle semblait hors du temps, toujours insouciante et posait des questions saugrenues à tout bout de champ, rendant les conversations plutôt difficiles. Avec une douceur toute vale, elle se hissa sur la pointe des pieds et déposa un baiser sur la joue rougissante du Souverain Meneldur.
- Bonne chance ! chantonna-t-elle.
Aethen serra l’avant-bras – deux fois plus musclé que le sien - de Cal. Un sourire hésitant éclaira le visage volontaire de son ami.
- Bonne chance, Aethen. - Bon, on y va ? On se traîne ! râla Zara derrière eux, elle qui était déjà parti le long du couloir vers les écuries.
Le chemin n’avait guère été joyeux jusqu’à la capitale. Zara ouvrait à peine la bouche et, lorsqu’il lui prenait l’envie de le faire, c’était pour critiquer l’attitude d’Aethen. Lui-même ne disait rien, de peur d’envenimer les choses et finissait par regretter sa décision de l’emmener.
- Aurais-tu du sang de Val dans les veines ? s’écria au bout d’un moment l’Oryak. Pour demeurer aussi impassible alors que tu te jettes dans la gueule du loup ?
Aethen daigna enfin poser ses yeux gris acier sur elle. Même les cornes de la Mage semblaient frémir de colère. Cette fois, il n’y tint plus.
- Vous voulez vraiment que je vous rappelle votre place, Mage Howl ? Vous êtes ma subordonnée. Si cela ne vous plait pas de me suivre jusqu’à Telrör, vous pouvez toujours rebrousser chemin et rentrer aux Tours Maudites. Mais vous avez accepté de venir avec moi. C’était votre décision. Aillez bien à l’esprit que vous aussi, vous vous jetez de votre plein gré dans cette même gueule.
Zara se tut soudain. Pour rien au monde, elle n’aurait voulu rebrousser chemin. Sa dévorante ambition l’y poussait, là-bas, vers les ennuis en perspective. Même s’il demeurait une autre raison secrète que seuls trahissait l’éclat parfois anormal de ses yeux mordorés. Le reste du voyage se passa sans encombre, fort heureusement pour l’humeur déjà maussade d’Aethen. Au palais, ils furent accueillis comme des rois. Mais toujours avec une pointe de dérision car ici, leur pouvoir voulait être réduit devant la puissance du Roi de Telmàriën. Enfin, plus exactement de la Reine puisque c’était elle qui tirait les ficelles en réalité. D’ailleurs, se méfiait-elle à ce point des Souverains pour les convoquer de nouveau au cœur du palais ? Pour un second Serment d’Allégeance ? C’était étonnant mais en mêmes temps, comment pouvait-on ne serait-ce qu’imaginer le mode de pensées d’un Sorin ? Impensable.
On les avait fait patienter dans une salle où la nervosité avait été à son comble lorsque tous les Souverains - sauf cette tête en l'air d'Elemmìrë, ce qui n'était gère étonnant et le faisait sourire - et leurs gardes du corps s’y étaient retrouvés. On ne savait que penser de tout cela. Aethen avait laissé tempêter Zara, confortablement installé dans un fauteuil. Ce qui le chiffonnait surtout mais ne l'étonnait guère plus que le retard de la Souveraine des Pirates, c'était celui du second Mage à qui il avait demandé de venir avec lui à cette audience : Lotheawyr. Le Néréien était parti en mission dans la capitale depuis une courte semaine et devait le rejoindre ici. Apparemment, il avait encore dû oublier l'heure. Puis des serviteurs étaient venus les chercher et les avaient amenés devant les portes de la Grand’Salle. Aethen s’était cru revenu quatre ans en arrière. Il avait retrouvé d’un coup toute sa prestance passée d’un général de Moire, même si cela n'avait été éphémère à l'époque. Ils s’étaient avancés devant le trône, devant le couple royal. Devant un symbole plus qu’autre chose, pour lui d’ailleurs. Tout cela ne rimait à rien.
- Je suis Aethen Meneldur, Souverain de l’Ordre des Mages.
Il laissa filer une seconde ou deux, comme s’il réfléchissait. En effet, comme prévu, le Roi Borric paru un peu déstabilisé mais la Reine, elle, demeurait aussi froide que de la pierre. Il sentit le regard pressant de Zara dans son dos, qu’il avait laissé derrière lui, sur le seuil de la salle du trône. C’était toujours mieux que de se retrouver au milieu de centaines de Sorins prêt à vous voir tomber sur l’heure au moindre faux pas.
- Et je suis venu offrir ma loyauté à la Reine Céliya et au Roi Borric de Telmàriën. Puissiez-vous vivre mille ans !
Il s’inclina avec élégance devant le trône pour embrasser délicatement le sceau royal sur la main droite que tendait le Roi. En se redressant, il crut déceler une lueur étrange dans les yeux verts de la Sorine royale. Car, en commençant par nommer la Reine avant son époux, il reconnaissait que le véritable dirigeant du pays, ce n’était pas Borric mais Céliya. Il remarqua alors le froncement de sourcils de la part d’Edward, signe qu’il était contrarié et qu’il réfléchissait intensément aux conséquences. Aethen se surprit à espérer qu’il soit le prochain Roi. Le jeune homme fit un pas en arrière, laissant sa place. Restait à voir la réponse des autres Souverains.
[Avatar d’Eriméa by Suggarl14 et de Cal by Nathie] _________________
Mes silences sont plus éloquents que mes mots. Aethen & Lyam
Last edited by Aethen Meneldur on Mon 28 Dec 2009 - 20:57; edited 3 times in total |
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Selijar Sil'Raya Souverain des Chevaliers
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Joined: 27 May 2009 Posts: 12
Sexe:  Localisation: Les Monts Argentés Nombre RP(s): 1 Race: mi-Oryak mi-Sorin Ordre: des Chevaliers Alignement: Pur Compagnon d'Ame: Rhaenvan
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Posted: Thu 26 Nov 2009 - 00:00 Post subject: [RP Officiel / 14 Rutalis 1683] Une Aube Rouge |
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Il s’était octroyé le droit de les faire attendre un peu. Après tout, n’était-il pas le souverain des Chevaliers ? Et les Chevaliers n’obéissent à aucun autre Ordre, il était temps de le leur rappeler. Arrivé dans l’anti-chambre, le héraut s’était dépêché de le faire entrer pour ne pas retarder plus la cérémonie, sachant très bien qu’on lui attribuerait la faute et qu’il serait punit si leurs majestés s’impatientaient davantage. Ainsi le jeune hybride n’eu pas à attendre le bon vouloir des Héritiers pour mettre fin à la coutume, il était entré directement dans la Grande Salle. Puis il avait observé l’espace d’une seconde le majestueux tapi rouge qui devait le conduire au trône avant de s’y engager, le dos droit et le regard fier. Faisant fit du décors grandiose, il se concentra sur le couple royale et s’approcha d’un pas sentencieux, comme pour faire durer le moment et leur laisser le temps de se rappeler qui il était, à qui ils auraient affaire. Dans toute sa fierté d’être monté aussi haut dans l’Ordre qui avait le moins d’affinité avec les Héritiers, il observa la trace d’une légère abondance de sueur sur le crâne de celui à qui il devait obéissance, le roi l’avait reconnu. Satisfait il tourna son regard vers la reine, s’attendant dans toute sa puérile candeur à voir se manifester chez elle aussi, la marque de sa gêne et de sa surprise. Il ne rencontra qu’un terrible regard noir.
Selijar se redressa d’un coup dans les ténèbres faiblement éclairées de sa chambre. Les yeux écarquillés et le souffle court, il fixa un moment les couvertures roulées en boules, étalées misérablement contre le mur ainsi son lit passablement défait. Ce fut la voix de Rhaenvan qui le tira de sa torpeur.
° Alors ta mère te fait toujours aussi peur hein ? ° ° Je... j’ai simplement eu un peu trop chaud en dormant voila tout. Et ce renouvellement du serment d’allégeance m’aura simplement rappelé celui que j’ai du faire il y à deux ans, lorsque le précédent souverain est mort. ° ° Hum. Si ça te fait plaisir de penser ça. A ta guise mon cher ! ° ° Moi aussi je t’aime mon gros. ° ° Bon je vois que de toute façon tu n’as plus besoin de moi, je retourne me coucher. °
Le ton faussement outragé du drake fit sourire le jeune homme. Maintenant tout à fait réveillé, il savait qu’il n’arriverait pas à se rendormir sans devoir payer le redoutable prix de plusieurs heures inconfortables dans son lit deux fois trop grand pour lui. Un jour il prendrait le temps de le changer… Pour l’instant il se releva et pris le temps d’enfiler un dessous ainsi qu’une ample chemise de coton avant de se poster près de la fenêtre. Comme d’ordinaire, il n’avait pas fermé les volets, aussi il se contenta d’ouvrir en grand la fenêtre. Un souffle d’air glacé s’engouffra aussitôt par l’ouverture et rafraîchit agréablement son corps couvert de sueur. Son regard se tourna comme d’ordinaire vers le croissant de lune, bien visible de sa fenêtre. D’après sa position dans sa couse à travers le ciel moiré d’étoile, il déduisit qu’il était un peu moins de quatre heure du matin. Un nuage vint obscurcir momentanément le ciel et, lorsque celui-ci s’en fut, la lumière blafarde de la lune revint mettre en valeur le scintillement de quelques cristaux glacés tombés dans la Cité des Nuages. Une ville pleine de promesses, blottie entre deux montagnes, dans une cavité naturelle qui ressemblait à un cratère. L’emplacement idéal pour cet Ordre qui se voulait indépendant et difficilement accessible à ceux qui n’y étaient pas invité.
Soucieux de ne rien oublier avant son départ pour la capitale, le jeune souverain fixait d’un air distrait la ville qui s’étendait en contrebas. A cette heure-ci, tout était calme et propice à la réflexion. Seul quelques flocons parvenaient parfois, poussé par un vent violent, à pénétrer l’abri naturel où s’était blotti la Cité.
Lorsque la missive royale annonçant l’imminent second serment d’allégeance lui était parvenue, il était bien sûr trop tard pour faire autre chose qu’accepter. Il n’avait pas eu le temps de manoeuvrer quoi que se soit. La Reine avait bien préparée son coup et Kilian seule savait ce que cette folle fomentait. Il lui faudrait être prudent. Toutefois, après avoir lâché une bonne bordée de jurons, il avait réunit les membres de l’Ordre des Chevaliers dans la vaste Salle Souterraine et leur avait annoncé la funeste nouvelle puis il s’était assit sur son trône, tournant et retournant à nouveau le problème dans sa tête sans parvenir à d’autre conclusion que la précédente. Lorsque le brouhaha qui avait soudainement enflé dans la salle avait commencée à se calmer, Selijar s’était relevé et avait annoncé sa décision ; puis il avait demandé à quelques Chevaliers de se rendre en avance à Telrör, en cas de problème. Enfin il avait signalé que ses deux seconds Severius et Mara De Chamtôme serait, comme d’ordinaire lorsqu’il s’absentait, ceux à qui on devait s’adresser à sa place.
° Ne réfléchit pas tant tu m’empêche de dormir sereinement, Selijar. °
L’interrompit ironiquement son drake qui lui, n’avait pas autant de problème pour dormir.
° Je réfléchit pour deux, tu devrait être content, fainéant va ! ° ° Tu devrais prendre exemple sur moi. ° ° Tu sais que qu’on ne sait pas à quoi s’attendre, ça ne t’inquiète pas ? ° ° Nous verrons sur place. De toute façon il est peu probable qu’un conflit éclate ouvertement, cela menacerait trop le Royaume. Pour le reste, nous pourrons toujours réagir plus tard. °
Il voyait bien que Rhaenvan essayait de le distraire mais, une fois n’est pas coutume, le jeune demi-sang n’arrivait pas à penser à autre chose. Cette histoire l’obnubilait.
Selijar soupira puis observa à nouveau la vue devant lui. Tout respirait la tranquillité mais il savait que lorsque l’aube se lèverait, tout serait radicalement différent, tel une ruche plus ou moins bien organisée. C’est alors qu’une idée toute simple lui vint, il en fit part à son drake.
° Dit moi Rhaenvan, je peux te demander une faveur ? ° ° Aie. ° ° Si on partait maintenant ? ° ° C’est important ? ° ° Oui ! J’ai envie de bouger ! °
Reconnaissant là l’envie perpétuelle et intenable de son lié pour la bougeotte, le drake renonça définitivement à sa couche et s’étira bruyamment dans la petite grotte naturelle où il s’était installé pour la nuit, décidément beaucoup plus courte qu’il ne l’avait espéré ! Puis il sortit et dévala la paroi abrupte avec une redoutable agilité reptilienne et attendit son lié devant la porte de ses appartements. Celui-ci finit de s’habiller décemment et le rejoignit, habillé dans un grand manteau coupe-vent. Ils se rendirent ensemble à l’extérieur et Selijar grimpa sur le dos du drake en lançant un coup d’œil derrière son épaule. Il regrettait un peu de ne pas avoir prévenue au moins ses seconds qu’il partait un peu en avance ; quoique cela ne changea pas grand-chose, après tout il avait dès le départ choisit de partir seul pour aller plus vite. Il arriverait juste un peu en avance. Il en profiterait sûrement pour vérifier que ses instructions avait bien été respectés par les Chevaliers partis en avance se poster à la Capitale. Cependant il aperçut une figure familière penchée à l’un des balcons des appartements. Plissant les yeux il reconnut la petite moue familière de sa seconde Mara. Elle avait devinée qu’il partirait plus tôt ! Agréablement surpris, il lui fit un signe d'adieu auquel elle répondit alors que Rhaenvan s’engouffrait dans une galerie adjacente.
Le Souverain des Chevaliers appréciait la route qu’ils allaient emprunter pour sortir des Monts Argentés, dommage qu’elle ne se prolongeait pas jusque leur destination… la tranquille obscurité des galeries était bien plus agréable que la poussière de la route.
~ ~ ~ Selijar s’était installé dans un des sièges présents afin de profiter des derniers instants de tranquillité avant la cérémonie, quoique l’ambiance semblait fébrile, un peu tendu. Portée par l’événement, le Chevalier qui l’accompagnait faisait les cents pas. Chyde Jo’Lioda. Lui-même ne savait pas pourquoi parmi tant d’autres Chevaliers prometteurs, c’était à elle qu’il s’était adressé. Il avait fait cela instinctivement, avec le recule, peut-être était-ce parce qu’il n’arrivait toujours pas à se convaincre de la traîtrise de la jeune femme. En tout cas, cet évènement lui permettrait au moins de tester sa loyauté à son Ordre, sans quoi il devrait agir. Au mépris de ses propres sentiments.
Un serviteur vint le chercher, c’était l’heure. Le jeune demi-sang fit un signe de tête apaisant au Chevalier Chyde alors que son cœur cognait rudement dans sa poitrine à l’idée de devoir à nouveau s’agenouiller devant le trône des Héritiers.
° Dit toi que c’est pour le bien du Royaume que tu t’humilies devant eux. Il n’en sera pas toujours ainsi. ° ° Je sais mais le coup est tout de même dur à avaler. °
Il se garda bien de faire paraître son malaise et pris quelques secondes pour installer un air nonchalant sur son visage, puis il rejoignit les autres souverains qui s’apprêtaient à pénétrer dans la Grande Salle. Enfin presque tous, un rapide coup d’œil lui apprit que la Souveraine des Pirate était absente. Elemmìrë El'ewyhn… Il ne l’avait encore jamais vue, d‘ailleurs il avait entendue dire qu’elle ne posait jamais le pied à terre, elle semblait avoir une personnalité haute en couleur ! Néanmoins son absence poserait de graves problèmes notamment envers son Ordre, elle devait s’en douter, mais comptait-elle seulement venir ?
Enfin les portes s’ouvrirent et trois coups résonnèrent longuement. Suite à quoi Selijar s’avança en compagnie des autres souverains le long de l’interminable tapis. Un premier souverain s’avança. Aethen Meneldur, avec un air digne des grandes pompes d’autrefoisse présenta. Le sérieux du Souverain des Mages lui tira un sourire mi-figue mi-raisin.
Lorsque qu’Aethen fit un pas en arrière suite à sa déclaration officielle, un silence s’installa alors que plus aucun souverain ne s’avançait. Selijar le laissa se prolonger un peu, guère trop, à peine quelques minutes. Juste assez pour marquer l’injure qui leur était faite en les convoquant comme de vulgaires vassaux. Puis il s’avança à son tour vers le trône et déclina la monotone phrase protocolaire en prenant bien soin de ne pas laisser paraître ses émotions diffusent qui palpitaient en lui, celles-ci lui enjoignant vivement de créer un scandale.
- Moi, Selijar Sil’Raya, Souverain de l’Ordre des Chevaliers , je viens prêter allégeance à sa majesté Borric Mor’Averh. Illustre Roi de Telmàriën.
Ceci déclarer d’un ton emphatique, il inclina légèrement le buste afin de porter un baiser sur le sceau royale porté sur la royale main de son père, visiblement pas très allaise depuis le début de la cérémonie. Enfin il porta son regard sur la Reine Céliya et termina plus bas, de te sorte que seul le couple royale et éventuellement les souverains puissent entendre.
- Que la nuit protège encore longtemps vos manigances.
Puis il se recula, une fausse indifférence peinte sur le visage. Il ne voulait pas que le règne de sa mère la Reine dure ne serait-ce qu’un instant de plus, mais il aimait encore le Roi son père, bien qu’il soit trop lâche. Il était dur de démissionner de ce haut poste sans y laisser la vie… _________________
~ Il peut y avoir coups de poignard sans flatteries mais rarement de flatteries sans coups de poignard ~ |
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Raïock Del'Houn Souverain des Voleurs
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Joined: 07 Jun 2009 Posts: 26
Sexe:  Localisation: Ici, là, partout... Nombre RP(s): 2 Race: Humain Ordre: des Voleurs Alignement: Pair Versus Anima: Renard
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Posted: Tue 1 Dec 2009 - 19:17 Post subject: [RP Officiel / 14 Rutalis 1683] Une Aube Rouge |
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Le garçon était rapide. Très rapide. Pour un homme normal, cela aurait déjà paru incroyable. Mais l'enfant n'était pas destiné à être un homme comme les autres. Et l'homme qui le regardait était unique en son genre, lui aussi. L'enfant était un apprenti voleur et l'homme qui le guidait ce jour dans son apprentissage n'était nul autre que Raïock Del'Houn, son souverain. Celui que certains n'hésitaient pas à comparer avec Haeldrun, créateur de l'ordre, lui-même.
Pour Raïock, les résultats de l'enfant étaient corrects, sans plus. il ui fit un signe discret pour lui faire comprendre qu'il devait descendre du mur qu'il était en train d'escalader. Lorsque cela fut fait, l'enfant resta un instant au sol pour regarder son souverain, l'air inquiet. Ce dernier lui expliqua, brièvement, comment grimper plus vite et plus efficacement, avant de remarquer l'air de l'enfant, et de lui demander d'expliquer clairement ce qui n'allait pas.
Maître, cela fait maintenant presque une demi-heure que nous sommes ici, ne craignez-vous pas que l'on nous... observe?
Aurais-tu peur que l'on nous arrête mon garçon?
Non, mais vous-même m'avez assez souvent répéter de mettre le moins de temps possible pour effectuer ce que j'ai à faire, maître.
Cela ne nous concerne en rien. Nous ne risquons rien ici, sois en assuré.
Comment cela, maître.
Grimpe. Et si tu arrives avant moins, je te le dirais peut-être.
En réalité, Raïock n'avait eu qu'à échanger une simple promesse avec la propriétaire des lieux. Celle qu'aucun membre de on ordre n'irait s'inviter à sa prochaine réception pour effectuer leur travail propre. Il avait donc promis de ne pas intervenir durant cette réception. N'ayant préciser sur ce qui se passait avant et après cette dernière, il ne voyait cependant pas pourquoi il ne pourrait pas agir durant ces deux périodes de temps.
Il laissa cinq secondes au garçon avant de s'élancer lui-même sur le mur. Il dépassa l'enfant à la moitié de ce dernier. Et arriva cinq autre nouvelles secondes avant ce dernier.
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Et il faut vraiment que tu y ailles?
Ne pose pas la question si tu connais la réponse.
Et je suppose que tu te tiens toujours à la réponse que tu avais prévue...
Izael, ne me force pas à me répéter.
Et toi... quand diable changeras-tu mon vieil ami?
Raïock ne répondit pas. IL se contenta d'accrocher les fourreaux de ses griffes à ses cuisses et de saluer le magicien d'un bref signe de tête. Avant de partir. Les souverains se réunissaient. Et il se devait d'y aller. Et ils n'allaient pas aimer ce que le voleur allait leur dire.
Pas du tout.
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Il arriva en premier. Comme toujours, étudier le terrain avant d'agir. Évaluer les possibilités de fuite. Choisir un endroit par où seul lui pourrait passer. Le renard blanc ne courrait pas toujours à cause de sa chance. Les autres souverains entrèrent progressivement, tous se regardant en chiens de faïence. Il se contenta de leur rendre un regard froid où aucune émotion ne perçait. Il attendait juste que cela se termine, afin de pouvoir rentrer en son domaine et fuir cette univers qui lui rappelait des souvenirs pour le moins désagréables.
Lorsqu'enfin lui furent présentés les souverains du pays, il dut attendre à nouveau. Le souverain des mages et celui des chevaliers parlèrent avant lui. Lorsque vint son tour, il se contenta de regarder posément les deux personnes devant lui. Il cherchait un détail, un quelque chose qui pourrait lui faire changer d'avis. Mais il ne vit rien. Il aurait pu y avoir quelque chose dans le roi... mais finalement, ce quelque chose était mort né. Il prit une inspiration et se présenta.
Je suis Raïock Del'Houn, souverain des voleurs.
Et maintenant, la bombe.
Et je refuse quelque allégeance que ce soit. Je ne vous serais pas soumis. Tout au plus puis-je promettre de ne pas vous nuire. Du moins directement. _________________ Je déchirerai le ciel de mes crocs et fendrait la terre de mes griffes. Tout m'appartient, aujourd'hui, et à jamais. |
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Elemmìrë El'ewyhn Souveraine des Pirates
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Joined: 29 May 2009 Posts: 6
Sexe:  Localisation: Sur mon Voyageur... Nombre RP(s): 1 Race: Néréïenne Ordre: des Pirates Alignement: Errante Ame de Bois: Malicia
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Posted: Wed 9 Dec 2009 - 10:27 Post subject: [RP Officiel / 14 Rutalis 1683] Une Aube Rouge |
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[Avatar en cours de recherche] Lotheawyr El'ewyhn Mage de Crépuscule
Elemmìrë volait à travers Telrör. C'était la technique qu'elle avait trouvé pour supporter de rester au sol : perpétuellement en mouvement, dansant d'un pied sur l'autre, se mettant sans arrêt en position de déséquilibre. Ainsi, elle retrouvait l'illusion de tangage que donnaient toujours les voyages en haute mer. Il y avait une autre raison : un retard proprement catastrophique.
Pour la Néréïenne, bien évidemment, ce n'était pas grave du tout : mais elle était tout de même capable de comprendre que le respect minimum envers ceux qui l'avaient convoquée était d'arriver un tant soit peu à l'heure, même si elle était incapable de comprendre en quoi cela importait donc. Il fallait, rien de moins, qu'elle aille prêter un nouveau serment d'allégeance au roi Borric. Elle n'avait pas très bien compris pourquoi : elle l'avait déjà fait quatre ans auparavant et pour elle, tout ce que ce serment signifiait, c'était une répétition inutile et une descente forcée supplémentaire à terre. La jeune femme n'aimait pas les serments d'allégeance. C'était à cause de ces bêtises de soumission qu'elle avait dû poser le pied à terre pour la première fois. Enfin, puisque Lotheawyr exerçait son métier de Mage à Telrör, au moins aurait-elle la possibilité de le voir. Mais là, elle n'avait pas le temps. Elle grogna en songeant à ce que cela impliquait : une fois de plus, l'excentrique souveraine des Pirates se ferait remarquer, une fois de plus, l'on se moquerait d'elle et, par extension (car ce détail-là même, elle s'en fichait) de son Ordre.
A aucun moment il ne lui vint à l'esprit que, pour Céliya, si elle n'apparaissait pas dans les cinq secondes, elle serait coupable de haute trahison et les Pirates chassés sans merci.
Et les cinq secondes étaient passées depuis belle lurette lorsqu'elle se cogna de plein fouet à un jeune homme se précipitant vers les hautes portes du palais. Sous le choc, des étoiles s'imprimèrent en négatif sur sa rétine, et elle tangua un moment sur place avant de parvenir à reprendre son équilibre. Dix-neuf années à grandir sur un navire en pleine mer avaient affûté son pied et l'avait rendu sûr. Sa vision était aussi légèrement plus développée que la moyenne, tout du moins, habituée aux reflets gênants du soleil sur l'eau, l'astre du jour ne la troublait que peu. Enfin, quinze ans à vivre accrochée comme une bernique à son cher jumeau avaient fait qu'elle l'aurait reconnu dans n'importe quelle situation, à n'importe quelle distance. A peine eut-elle entendu le "Ouf" expiré par le jeune homme devant elle qu'elle sut que c'était Lotheawyr, malgré le soleil dans les yeux qui l'empêchait de voir la teinte bleu mat de ses cheveux, malgré les deux terriblement longues années qui s'étaient écoulées depuis la dernière fois qu'elle l'avait vu, malgré sa vue qui persistait à se moucheter de noir et qui la faisait papilloter des yeux.
- Elemmìrë ! s'écria le Néréïen, qui avait reconnu la sœur aussi sûrement qu'elle avait reconnu le frère.
°Lotheawyr !°
Elle ne perdit pas de temps à se demander ce qu'il faisait ici - ce genre de détails n'avait jamais eu aucune importance pour elle. Peu importait comment les événements se produisaient. Tout ce qui comptait, c'était que Kilian avait fait en sorte que son aîné - certes de peu - tant chéri soit là. Ledit aîné, toujours aussi expansif et exubérant, la saisit dans ses bras et la fit voler en l'air, négligeant son poids et la soulevant comme s'il s'agissait d'une plume.
- Bien sûr, quel idiot, je n'avais pas du tout pensé que tu serais là ! Ma fière Souveraine ! Alors, comment vas-tu ? Et Malicia, toujours aussi timbrée ? Qui as-tu amené avec toi, maman ? Wilhdoren j'espère ! Comment va Karel, il t'a accompagné jusqu'à Telrör ? Tu as vu Aethen depuis ton arrivée ? Il m'a choisi pour faire partie de la délégation ! Avec Zara, pouah, celle-ci... Elle suppure la vanité du bout des orteils jusqu'à la pointe des cheveux ! Enfin, au moins n'ai-je pas eu à faire le voyage avec eux, je plains Aethen... Je suis tel-le-ment content qu'il m'ait affecté à Telrör, un jour, petite sœur, il faudra que tu prennes le temps de la visiter, cette ville est merveilleuse, arrête de t'enfuir avec ton si somptueux galion ! Tu me manques...
Ses yeux bleu pâle accrochèrent ceux de sa sœur, visage parfaitement identique, image d'un miroir. Seule une longue mèche échappée de derrière l'oreille d'Elemmìrë les différenciait. Lotheawyr tendit la main et la replaça tendrement. Sa tirade fit sourire la Néréïenne. Insolence innocente, il tutoyait son Souverain et l'appelait par son prénom sans se poser plus de questions. Une légèreté à toute épreuve envers Malicia, qu'il avait appris à aimer et à ne plus jalouser de lui avoir pris sa sœur. Il était devenu ami avec Karel, dont il partageait l'insolence, et Wilhdoren, dont la folie douce lui rappelait sa jumelle. Celle-ci s'efforça de répondre à toutes ses interrogations.
°Karel est resté à l'auberge pour la journée, mais il est bien là. Pour la délégation, j'ai choisi Wilhdoren et cette traîtresse d'Hamùchka. Malicia n'arrête pas de me dire que je dois la surveiller, alors... Et non, je n'ai pas vu Aethen, je suis en retard, au cas où tu ne l'aurais pas vu ! On se croisera sans doute après... Et maman n'est pas là, non, elle n'a pas changé et refuse toujours de quitter Liberté. La chanceuse...°
Les yeux d'Elemmìrë partirent dans le vague et son frère se mit à la secouer vigoureusement en l'attrapant par les épaules.
- Allez, petite sœur, on n'a pas que ça à faire ! Dépêche-toi ! On est suffisamment en retard !
La jeune femme cligna des yeux et se reprit.
- Pardon... C'est parti !
Et ils entrèrent en courant dans le palais. Lotheawyr agressa littéralement un valet qui passait dans le couloir pour qu'il les conduise directement dans la Grand'Salle. Le gamin d'à peine quatorze ans se précipita dans les couloirs, les El'ewyhn à sa suite. Les deux gardes à la porte voulurent les empêcher d'entrer, mais Elemmìrë s'écria :
°Je suis la Souveraine des Pirates !°
Apeurés par cette voix sortie de nulle part, ils relevèrent précipitamment leurs lances, et Lotheawyr poussa enfin l'immense porte sans plus de cérémonie.
Ce qu'ils ne savaient pas, c'est que Raïock Del'Houn venait tout juste de faire sa déclaration fulgurante. Des centaines de murmures bruissants s'étaient immédiatement élevés à travers la pièce, alors que Borric arborait un air ennuyé et que Céliya avait des yeux exorbités. Avant qu'ils aient pu dire un mot, toutefois, les portes de la salle grincèrent, et tout le monde pivota sur ses talons, s'attendant presque à voir surgir la garde royale. Mais à l'entrée, jurant singulièrement avec la magnificence du décor, se trouvaient simplement deux jeunes gens aux cheveux ébouriffés par le vent, habillés avec une tenue pratique et semblant presque dépenaillée à côté des nobles assistant à la cérémonie. Sentant l’atmosphère pesante régnant sur la salle et voulant rompre le silence trop lourd, Elemmìrë dit sans réfléchir :
°Euh… Bonjour.°
Tout le monde sursauta.
- Excusez-moi ! lança d’une voix claire son frère.
Il lança un regard contrit à son Souverain qui le contemplait d’un œil noir. Aethen accueillait d’habitude avec un léger sourire les facéties et maladresses de son Mage, mais cette fois-ci, tous deux savaient qu’il avait été trop loin. L’Oryak se fichait des bêtises d’Elemmìrë, tant que cela ne concernait que son Ordre. Mais Lotheawyr était connu, au moins de vue, par Borric et Céliya pour faire partie de l’Ordre des Mages, et ce retard était d’une insolence consommée. Le Néréïen, un peu plus au fait des conséquences politiques que sa sœur, se prépara intérieurement à un sermon prochain.
Son apprentissage l’avait extrêmement sensibilisé aux émotions, et même au pourquoi si la cause d’un sentiment était suffisamment claire pour être perçue. L’immense tension qui régnait dans la salle le pénétrait par tous les pores de la peau et la raison en était plus qu’évidente, pulsant dans tous les esprits.
- Fais attention, petite sœur, chuchota-t-il dans un souffle. Un Souverain a refusé de prêter serment. C’est pour ça qu’ils sont tous sur les dents.
°Merci.°
Elemmìrë se faufila à travers la foule pour se glisser à sa place, et constata que, bien que les délégations devaient rester au fond, Hamùchka, inconsciemment sans doute, s’était avancée jusqu’à être presque deux mètres devant les autres. L’adepte du Félon avait des yeux flamboyants de colère. Aethen jeta à la Néréïenne un regard d’avertissement. Il craignait Hamùchka et avait clairement vu qu’elle avait failli s’avancer en lieu et place de sa Souveraine, qu’elle jugeait trop molle et inactive. La jeune femme lui fit un clin d’œil.
°Ne t’inquiète pas, amour, elle restera à sa place. Où loges-tu ce soir ?°
L’Oryak se tortilla, gêné, au souvenir de leur dernière rencontre. La jeune imprévisible pouvait être terriblement intimidante, parfois. Et son corps d’homme réagissait d’une manière qu’il n’avait pas du tout prévu au contact de son amie. Seulement, il ne pouvait pas être avec elle.
Mais ceci est une autre histoire.
Lotheawyr se glissa discrètement aux côtés de Zara et se fit tout petit. Tout ceci avait pris une ou deux secondes à peine, et Céliya et Borric n’avaient eu le temps d’aucune réaction depuis la phrase inconsidérée de Raïock Del’Houn. Elemmìrë, désireuse de se faire pardonner, s’avança immédiatement d’un pas.
Malheureusement, tout le monde le sait, la jeune femme n’était guère douée en matière de diplomatie.
- Vos Majestés, je vous prie sincèrement d’excuser mon retard, qui est dû à… eh bien… rien en fait. Quoi qu’il en soit, je suis désolée. Mais bref, venons-en au fait. Je veux bien vous prêter un nouveau serment d’allégeance, je voulais juste vous dire que je n’en vois pas trop l’intérêt. Je vous ai déjà prêté allégeance il y a quatre ans, ce serment est toujours valable. Bon, maintenant, si vous tenez absolument à ce que je recommence, ça ne me pose aucun problème, je voulais juste vous dire que je trouve ça inutile.
Céliya était rouge de colère et Borric ne savait plus du tout quoi faire. Cette cérémonie qui aurait dû être une simple formalité s’était transformée en véritable champ de foire. Elemmìrë sentit que tout le monde était au bord de l’explosion.
°Excusez-moi encore pour mon retard° souffla-t-elle dans l’esprit des Souverains.
Puis elle attendit comme une petite fille bien sage la réponse de Borric, affichant involontairement un sourire d’ange quelque peu insolent. _________________
[Pas trouvé] |
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Lamia la Malveillante Dame Multivisage
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Joined: 13 Oct 2009 Posts: 8
Sexe:  Localisation: Pami ses petits sujets les Faucheurs Nombre RP(s): 7 Race: Déesse Masquée
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Posted: Tue 15 Dec 2009 - 21:10 Post subject: [RP Officiel / 14 Rutalis 1683] Une Aube Rouge |
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 Souveraine de l'Ordre des Artificiers ; Artificère Maline Aléra d'Arcadis ; Nienna d'Olorya Lors qu’elle avait reçu la missive, Aléra d’Arcadis dite l’Armure, la Souveraine de l’Ordre des Artificiers se trouvait sur le marché, en pleine confusion. En effet, elle dû négocier avec acharnement et patience avec un marchand revendicateur car le Quithoris transportant le message s’était écrasé au beau milieu des sacs d’épices, les éparpillant partout autour de l’étale. Et, bien sûre, cette peste de Nienna d’Olorya n’avait pas bougé son petit doigt ! L’imperturbable Néréienne l’avait regardé faire avec une lueur cynique dans ses yeux de glace. Parfois, elle se demandait pourquoi elle se trimbalait cette Artificière peu scrupuleuse. Hélas, elle lui était bien trop utile pour qu’elle la laisse intriguer dans son coin. Il fallait qu’elle la surveille de près, de très près même.
C’était une des raisons qui font qu’elle l’accompagnait à ce second Serment d’Allégeance.
Le cocher arrêta sa voiture juste devant les marches du palais. Les deux Artificières prirent un instant de pause pour contempler la forme somptueuse et gigantesque du palais de Telrör, demeure suprême des Rois de ce pays. Et de toute la clique d’Héritiers courtisans leurs faveurs. Passé cet instant, elles montèrent les marches et pénétrèrent dans l’enceinte même. Là, un page accompagné de quatre gardes royaux les menèrent à travers des dédales de couloirs jusque dans l’antichambre où les autres Souverains devaient attendre avec quelques membres de leur Ordre. Mais n’était-ce pas là un mal nécessaire ? Puis les portes s’ouvrirent. Alors que Nienna restait sur le seuil avec les quelques autres, les Souverains s’avancèrent sur le tapis écarlate menant au trône. Tout se passe sans encombre. Le Souverain des Mages aux traits si particuliers prêta serment avec finesse, s’adressant plus à la Reine Céliya qu’à son mari, reconnaissant pas là où était le véritable pouvoir. Le jeune Souverain des Chevaliers en fit autant, un air nonchalant peint sur son visage. Puis vint le tour du glacial Souverain des Voleurs.
Sa déclaration jeta un froid sur l’assemblée. La salle fut plongée durant quelques interminables secondes dans un silence de mort. Avant que quiconque ait pu réagir, la Souveraine des Pirates surgit en ouragan, se planta devant le trône et tint des propos signant proprement sa perte. A moins que la Reine saisisse bien la nuance. Certes, elle ne prêtait pas serment mais rappelait au bon souvenir du précédent.
Bref, la situation était catastrophique pour ce qui aurait dû être une routine.
Le Roi Borric ne s’avait plus où se mettre et se tassait sur son trône doré. Un filet de sueur coula lentement le long de sa tempe. Tout cela n’amènerait rien de bon. Céliya, le visage cramoisi et déformé par la rage, gardait fixé son regard sur le Souverain Del’Houn, fidèle à sa réputation, toujours maître de lui-même et la distraite et fantasque Souveraine El’ewyhn. Elle semblait en proie à une fureur dévorante qu’il aurait mieux valu fuir au plus vite. La salle se mit soudain à bruisser de milliers de murmures confus, indignés ou intrigués. Cachée par sa petite taille, la jeune et sournoise Hermione ricana avec cynisme, se frottant les mains d’avance et se forgea une patience armée pour ne pas manquer la suite. Un sourire affreusement jubilatoire fendit son fin visage. Au bas du trône, Edward, frère du Roi, voulut faire un pas mais la Reine parut soudain revenir à la vie.
- Fermez les portes !
Tous les regards stupéfaits convergèrent vers l’Héritière couronnée et le silence tomba à nouveau. Les gardes échangèrent un regard indécis mais la voix de stentor résonna de nouveau, impérieuse, vibrante. Céliya avait repris contenance, enfin.
- Je vous l’ordonne ! Personne ne quittera cette salle tant que les choses ne seront pas éclaircies.
Avant même que quiconque ait pu l’empêcher, les grandes portes de bois se refermèrent sur leurs gonds de fer avec un grincement sinistre. Des cris emplirent la Grand’Salle. Les gardes du corps étaient désormais coincés derrière les portes, impuissants. Zara voulut se précipiter entre les battants mais les gardes la repoussèrent avec leurs hallebardes. Rageuse, elle frappa de ses poings serrés les portes comme une forcenée. Un cri frustré, semblable à un feulement, s’échappa de sa gorge. Un sifflement dédaigneux la fit pivoter sur elle-même. Elle braqua son regard flamboyant sur les autres membres des Ordres. La Chevalière inconnue et sa Grâce immaculée restaient pétrifiées de stupeur. La Pirate Hamùchka puait l'indignation et la colère à mille lieues. Un léger sourire amusé retroussa les lèvres de l'autre Pirate, un Oryak inconnu. Quant à Lotheawyr... Mieux valait éviter de connaître ce qui se cachait dans la tête de cet énergumène à la langue bien pendue. La petite Artificière lui retourna un regard ombrageux et teinté de mépris. Ses lèvres esquissèrent un demi-sourire satanique. Et son infâme chat-garou Silk ne valais guère mieux.
- Bénie soit Kilian de nous avoir donné de tels Souverains. - Ne blasphémez pas, marchande d’opium ! cracha la Mage avec un regard assassin.
Nienna ignora sa pique acérée et laissa passer l’insulte avec un haussement d’épaules dédaigneux. Ses prunelles glacées reprirent leur aspect indifférent et vide. Zara ne put que faire volte-face pour contempler les grandes portes fermées, la mâchoire crispée et les yeux durs dans l’attente. Ils n’avaient aucun moyen de savoir ce qui se passait derrière.
Dans la salle du trône régnait une tension palpable. Pris au piège, les six Souverains auraient pu mourir sur l'heure sous les ordres des Héritiers. Un véritable traquenard qui frôlait la guerre civile. L’Héritier Edward Mor’Averh trouva enfin l’opportunité qu’il cherchait. Il s’avança de quelques pas, de façon à se placer entre les six Souverains et le couple royal. Il s’inclina avec précaution devant son frère et son épouse, comme devant un fauve agressif qu’il faut amadouer. Son regard ambré ne quittait pas la Reine.
- Pardonnez-moi, ma Reine. Permettez-moi d’intervenir. - Faites, répliqua-t-elle, les lèvres pincées et le visage blême. - Merci, ma Dame. Je souhaiterai rappeler à vos Majestés et à cette assemblée que la Souveraine El’ewyhn, par sa déclaration, ne fait que remettre au goût du jour son premier Serment d’Allégeance. Par conséquent, nous pouvons affirmer avec exactitude que son engagement est toujours valable et peut être reçu ainsi, déclama-t-il avec léger haussement de sourcils signifiant que c’était là une évidence. En ce qui concerne le Souverain Del’Houn, c’est...
Là, l’éloquent diplomate perdit un peu de sa maîtrise du verbe. En effet, comme fallait-il faire pour dédramatiser ce discours purement provocateur et belliqueux ? Aléra jugea alors bon d’intervenir. C’était le moment où jamais. Elle s’avança d’un pas et s’inclina, raide comme une planche à cause des innombrables plaques métalliques et jointures qui constituaient la majeure partie de son corps. La petite chatte-garou aux longs pelage crème trottina sur ses talons, ses yeux verts observant la scène avec vigilance. Elle toucha les pensées de son Associée :
° Méfie-toi. Tu va brusquer les choses. Il se peut que cela ne plaise pas à plus d'un ici. Merci du conseil, Jamina. Je pense que tu peux retourner te coucher... Ne sois pas si irascible avec moi ! Je ne fais que mon devoir °, répliqua avec une malice déplacée l'animal.
- Vos Majestés, bénie soit Kilian de nous avoir réunis ici en ce jour. Béni soit votre règne. Je suis Aléra d'Arcadis, Souveraine de l'Ordre des Artificiers. Par décret, je jure allégeance à Telmàriën, notre royaume et à sa pérennité.
Voilà, c’était fait. Enfin, elle pouvait profiter de cette occasion pour montrer son indépendance et ses véritables desseins. Elle perçut le regard scrutateur de la part du jeune Souverain Meneldur. Ses yeux d’argent sous ses sourcils légèrement froncés la fixaient avec un respect teinté d’appréhension.
Tout cela ne présageait rien de bon.
[HorsRP : Voici quelques consignes et détails concernant la suite. Tout d'abord, les portes ont été fermées donc, à moins de le mentionner, la garde d'honneur/escorte de chaque Souverain se retrouve coincé derrière les portes de la Grand'Salle. Par conséquent - et ceci concerne surtout les nouveaux validés du forum et souhaitant participer, vous pouvez aussi bien dire que vous êtes derrière les portes que dans la salle en précisant de quelles façons. Il nous manque encore deux nouvelles retentissantes pour passer à l'étape suivante de ce RP : la déclaration du Souverain des Assassins Aldérik (par Seren) et deux-trois post encore pour régler le problème des Voleurs ^^ Ensuite, les portes seront rouvertes, le banquet pourra commencer, tous les joueurs se retrouveront dans la Grand'Salle et le scénario en cours se révélera au grand jour !
Seren et Dashel, à vous de poster \o/] _________________
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Dashel Alcarin Assassin
 Online
Joined: 27 May 2009 Posts: 35
Sexe:  Localisation: Qui sait ... Nombre RP(s): 2 Race: Val Ordre: des Assassins Alignement: Confrère Lame Soeur: Amaterasu
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Posted: Sun 3 Jan 2010 - 21:46 Post subject: [RP Officiel / 14 Rutalis 1683] Une Aube Rouge |
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 ----  ----  ---- Souverain des Assassins Aldérik, Insoumis Kaë Del'Wyn, Confrère Elrik de Varkah. Héritière Bonne Electre de Lyedesse.
Cela faisait maintenant une bonne semaine qu'était arrivé à la Grotte Hurlante un petit Quithoris à la fourrure argentée, complètement épuisé de son long voyage, et porteur d'une bien étrange convocation, scellée à la cire par les armoiries royales. Une convocation oui car il s'agissait bien de cela, pour ne pas dire un ordre impératif des vénérables Souverains de Telmàriën, qui les sommait de se rendre à la Capitale, Telrör, pour prêter un nouveau Serment.
Dashel n'était pas au domaine des Assassins lorsque la missive était parvenue, mais il pouvait sans trop de difficulté imaginer la réaction du très flegmatique seigneur Aldérik. Sans doute avait-il haussé un sourcil dubitatif, assorti d'un imperceptible sourire incrédule, avant de froisser le précieux parchemin dans son poing et de le jeter d'un geste las à côté de son trône. Sûrement les Maitres du Concile s'étaient-ils alors précipités sur le papier comme des chiens errants sur un reste, avides de découvrir quelle folie avait encore frappé ces insupportables Héritiers.
Une semaine, seulement une semaine pour se rendre du mystérieux sanctuaire que constituait Arkhash à la grouillante Capitale du Royaume Maudit, et pour quoi faire ? Prêter à nouveau un serment de vassalité, servitude ou quoi qu'il soit d'autre encore, à une Reine cruelle et manipulatrice et à son époux, un soit-disant Roi, un homme faible et craintif, aussi soumis qu'une souris !
Si la nouvelle de cette convocation avait plutôt surpris Dashel, malgré les trois ans déjà qu'il avait passé les portes de Telmàriën, le fait de se voir invité par Aldérik à accompagner ce dernier l'avait laissé presque bouche bée, le jeune Val s'étant repris juste à temps. Ainsi qu'il le découvrit le jour départ, ils seraient quatre à former la ''garde d'honneur'' du Seigneur des Assassins, pour l'escorter (si tant est qu'il en ait besoin) jusqu'au Palais de Telrör. En dehors de lui, Seren, qui s'était trouvée à ses côtés lorsqu'on avait fait irruption sans ménagement chez lui, était également sollicitée, tout comme Kaë Del'Wyn, le redoutable Assassin Néréien, qui était venu en personne le leur apprendre. Enfin, dernier membre de l'Ordre mais non des moindres, Elrik de Varkah, sombre beauté et éternel adversaire d'Aldérik venait compléter leur bien étrange équipage. Si la nomination d'Elrik n'était pas étonnante, celle de Kaë, l'Insoumis, et de deux jeunes Maitres tout fraichement élevés à leur rang avait fait plutôt jaser. Pourquoi donc Aldérik avait-il choisi de les emmener eux ?
C'est tout en réfléchissant à cela que Dashel Alcarin, Val Assassin et Saltimbanque itinérant gravit les marches du parvis de l'imposant édifice tout de marbre blanc. La façade du Palais semblait littéralement étinceler sous la lumière du soleil du matin … Ebloui, il retrouva avec soulagement l'ombre du gigantesque porche à colonne, suivant respectueusement, comme l'exigeait la tradition, son Souverain, un pas derrière Kaë et Elrik, qui encadraient Aldérik, eux-même légèrement en retrait. Le Confrère et l'Insoumis paraissaient parfaitement détendus dans cet environnement, mais leurs yeux, derrière leurs masques ouvragés, qui scrutaient les moindres recoins du couloir, démentaient leur attitude, leurs Lames Soeurs battant leur cuisse tandis qu'ils avançaient d'un pas conquérant.
Après plusieurs interminables minutes de marche le long du tapis rouge brodé des armoiries de la famille régnante actuellement, le petit groupe atteignit enfin l'antichambre de la Grand'Salle, où patientait déjà d'autres personnes, avec parmi elles les autres Souverains, formant un ensemble assez hétéroclite et impressionnant. Le Val ferma à demi les yeux, se remémorant la dernière fois où il s'était tenu là, il y avait de cela un peu plus d'un an. Il pouvait revoir jusque dans se moindres détails le bref entretien qu'il avait eu avec l'Héritier Lyedesse, Trystan, son premier contrat … Qui s'était conclu par la mort tragique de ce dernier. L'expression qu'il avait eu alors, sereine, presque détachée de la réalité alors que la Lame s'emparait de son âme …
Cette expression qui l'avait hantée pendant des jours entiers, l'avait poussé à aller rencontrer les Prêtresses de Kilian, pour tenter de leur parler, leur demander des explications, leur dire qu'il ne voulait pas de ce Don terrible … Dieux, à ce moment là il aurait cent fois mieux préféré avoir été dévoré par les Loups d'Arkhash que d'avoir mené à bien son contrat. Effondré, égaré en lui-même, les larmes coulant librement sur son visage émacié, il s'était prosterné devant le Maitre Autel, prêt à finir sa vie par la Lame même d'Amaterasu. Une femme en coule blanche, l'étudiant silencieusement de ses prunelles étoilées, l'avait arrêté d'une main douce mais ferme, lui offrant juste ces quelques mots avant de poursuivre son chemin vers les profondeur du Sanctuaire :
« Priez, priez de toute votre âme et votre coeur, livrez-vous sans faux-semblants ni masques à la Déesse, et peut-être s'émouvra-t-elle de votre sort, vous indiquant le chemin vers la sérénité. »
Le cri de joie strident d'un enfant lui fit rouvrir les yeux, juste avant qu'un choc ne se fasse sentir au niveau de ses jambes, et qu'un petit démon à la chevelure rousse n'en choit sur le derrière !
« Gwydion, voyons, excuse-toi tout de suite auprès de ce monsieur ! Ton père aurait honte d'une telle attitude s'il te voyait ! »
Prêt à rassurer cette mère qui fondait visiblement sur lui telle une lionne vengeresse, Dashel baissa les yeux sur le petit garçon, ce qu'il regretta aussitôt, son visage blêmissant à vue d'oeil lorsque ses iris de tempête rencontrèrent celle du-dit Gwydion.
**Trystan ...**
A la réaction du jeune Val, on aurait pu croire qu'il venait de rencontrer un fantôme, et en quelque sorte, c'était bien le cas … La ressemblance avec Trystan de Lyedesse était si forte, qu'elle en était quasi impossible ! A moins …
« Oh, je suis sincèrement désolée, Messire, allez-vous bien ? Le comportement de ce jeune garçon est indigne de son rang, vraiment ... »
Reprenant contenance, les yeux virés à ceux du jeune Sorin, le Val parvint à esquisser un faible sourire.
« Il n'y a pas de mal, Dame … Il ressemble juste beaucoup à quelqu'un que j'ai connu par le passé ... »
Relevant les yeux sur son interlocutrice, il rencontra deux billes bleues glacées, brillant au coeur d'un visage encore plus pâle que le sien, encadré par une abondante chevelure couleur de grenat, deux prunelles qui l'observaient avec perplexité. Une Héritière, comme il fallait s'y attendre, au charme austère mais incontestable.
« Auriez-vous par hasard … connu mon défunt époux ? Mais laissez-moi d'abord me présenter, c'est le comble de l'impolitesse : je me nomme Electre, de la Maison de Mor'Averh, lointaine cousine du Roi Borric, et ce jeune chenapan est Gwydion de Lyedesse, fils de feu Trystan de Lyedesse. Je crois vous avoir entendu murmurer son nom tout à l'heure … Il est de notoriété publique au Palais que Gwydion a tout pris de son père, et très peu de sa mère ! »
Instantanément une sonnette d'alarme silencieuse résonna dans l'esprit du Val, face à la ravissante et apparemment innocente Sorine. S'il poursuivait sur cette voie là, il risquait de se trahir d'une façon ou d'une autre … Pourtant, il ne pouvait lui mentir, elle l'avait dit elle-même, elle l'avait entendu prononcer le nom de Trystan …
« Eh bien Dame Electre, vous me voyez enchanté de faire votre connaissance. Je me nomme Alcarin, humble Saltimbanque venu animer cette bien ennuyeuse réception. J'ai d'ailleurs probablement fait la connaissance de votre époux lors de réjouissances similaires au Palais, il est vrai que la ressemblance avec Messire Gwydion est tout à fait … Renversante ! »
Lui adressant un sourire avenant, il s'inclina profondément devant elle, déposant un baiser rapide sur sa main assorti d'un clin d'oeil tout à fait hors de propos. Si d'aventure quelqu'un l'épiait, le saltimbanque serait fort surpris si désormais on le reconnaissait comme un Assassin. Se redressant, il constata qu'un rouge délicat ornait les pommettes de l'Héritière, tandis que derrière elle, Seren, appuyée contre un mur, semblait grincer silencieusement des dents, son sourire adorable en apparence lui promettant mille morts lorsqu'ils seraient à nouveau seuls tous les deux.
« Las, je me dois de vous quitter à présent, car ma compagne n'aime pas tant attendre quand je suis auprès de femmes aussi ensorcelantes que vous. »
Surprise, Electre se retourna pour constater que Seren s'était avancée vers eux, et n'eut pas le temps de répondre que déjà la Lémundr s'emparait du bras de son confrère, et l'entrainait à la suite d'Aldérik et des autres.
« Au cas où cela vous intéresserait, très cher, pendant que vous batifoliez gaiement avec cette Héritière, la cérémonie d'ouverture a commencé, les Souverains des six Ordres sont invités à pénétrer dans la salle et à réitérer leur serment d'allégeance. »
Seren le considéra un instant, ses prunelles dorées luisant d'une lueur désapprobatrice, puis lui donna une petite tape sur l'avant-bras, se détachant de lui pour prendre place derrière Kaë et Elrik.
« N'oubliez pas de mettre votre masque, Dashel, il est déjà bien assez fâcheux que cette femme ait vu votre visage. »
Elle était ainsi Seren, surprenante, aussi versatile que le temps sur la Mer Jadlavian, un instant adorable et l'autre instant furieuse. Bien qu'il sache que son affection pour lui était sincère, si l'on pouvait qualifier ça ainsi, Dashel se plaignait souvent, avec insouciance, de ce qu'elle lui faisait gaiement endurer. Leurs relations avaient évolué de façon curieuse depuis leur longue discussion à l'Auberge du Faiseur d'Etoiles, des relations basées sur un libre échange entre eux deux, rien d'officiel ou quoi que ce soit d'autre, simplement chacun offrait à l'autre ce dont il avait besoin sans rien demander en échange … Il restait ceci dit une certaine réserve, due certainement aux blessures profondes que leurs coeurs portaient, et qu'ils n'étaient pas encore prêts à partager avec qui que ce soit. Et cela lui convenait parfaitement, pour le moment. Le jeune homme ne voulait pas gâcher ces moments de complicité partagés pour de telles choses.
Levant les yeux au ciel comme pour prendre les Dieux à témoin, le Val secoua la tête, et noua son masque, qui pendait en effet le long de son épaule gauche, plus ou moins caché par la cascade de cheveux blanc-argentés, tressés en de multiples nattes, au bout desquels pendaient parfois un grelot, parfois un ruban bleuté.
D'une voix de stentor, le héraut proclama alors :
- Leurs Seigneuries ici présentes offrent leur allégeance à leurs Protecteurs Royaux ! Déclinez votre identité et votre but !
Dashel croisa au même moment le regard pénétrant, voire évaluateur de Kaë, tandis qu'Elrik jetait un coup d'oeil au mieux indifférent aux-dites Seigneuries. Le Néréien soutint son regard quelques secondes avant de se détourner pour glisser quelques mots à Aldérik, tandis que les premiers Souverains s'avançaient prudemment à l'intérieur de la Grand'Salle, jusqu'au trône où étaient ''royalement'' juchés Céliya Sil'Raya, imposante dans sa magnifique robe de brocart pourpre, et Borric Mor'Averh, la couronne posée de guingois sur sa tête achevant de le rendre plus lamentable encore. Après tout, en y réfléchissant, Aldérik n'avait-il pas emmené avec lui ses plus dangereux sociétaires, ainsi que ceux qu'il préférait pouvoir garder à l'oeil pendant son absence ?
Aethen Meneldur, Seigneur de l'Ordre des Mages, jeune et élégant, brillant par son sang-froid, se présenta en premier aux deux souverains, reconnaissant subtilement à la Reine plus de pouvoir qu'à son époux en choisissant de la nommer en premier. Vint ensuite un Oryak à l'apparence nerveuse se faisant annoncer comme Selijar Sil'Raya, premier parmi les chevaucheurs, en tant que Seigneur de de l'Ordre des Chevaliers. Le patronyme royal accolé au prénom de Selijar fit tiquer Dashel. Ce garçon était-il issus d'une lignée d'Héritier ? L'Assassin était bien sûr trop récemment arrivé au sein du Royaume pour avoir entendu parlé des rumeurs scandaleuses qui avait couru il y a quelques années à propos du dernier fils du couple royal, ces rumeurs selon lesquelles le plus jeune des Sil'Raya, un Héritier, était né avec une apparence d'Oryak !
L'avancée de son ancien Maitre, Raïock Del'Houn retint l'attention du Val comme celle du reste de l'assemblée. Tête haute, attitude fière et regard froid, le Renard Blanc observa posément les quatres Souverains, les deux Sorins et les deux Oryaks, comme cherchant en eux quelque chose de particulier. De sa voix à l'élocution soignée, il se présenta … Et lâcha une véritable bombe. Contrairement aux Mages et aux Chevaliers, les Voleurs, représentés par leur Seigneur, refusaient de prêter allégeance une nouvelle fois. Comme on pouvait s'y attendre, au bord de la crise d'apoplexie, la Reine Céliya resta muette pendant quelques instants qui parurent une éternité, l'assemblée figée par la stupeur ou par la crainte, avant d'exploser brutalement :
- Fermez les portes ! Je vous l’ordonne ! Personne ne quittera cette salle tant que les choses ne seront pas éclaircies.
**Ô Maitre, qu'avez-vous donc fait … Suis-je donc damné à servir des hommes de glace que rien ne fait sourciller ?**
Peu de temps après, tandis que la salle bruissait des murmures échangés entre les différentes coalitions, le bruit sourd des lourd battants se refermant l'un contre l'autre firent naitre des cris de protestation, menaçant de faire sombrer la réception dans le chaos le plus total. Au même instant une voix mentale résonnant dans l'esprit de toutes les personnes présentes en fit sursauter bon nombre, déjà échauffés par la situation bien trop proche d'une guerre civile à leur goût. Une voix qui sembla familière à Dashel, tout comme le visage de la Pirate, apparemment Souveraine, à qui elle appartenait. Loin de désamorcer l'ambiance pesante, cette apparition inopinée et le renouvellement incongru du serment d'allégeance qu'elle fit … Augmentèrent encore plus la colère de la Reine Céliya, déjà bien mortifiée par les récents évènements. Devant le jeune Assassin, Kaë, et Elrik échangeaient fébrilement quelques mots, à grand renforts de gestes de la main en direction des portes et des Souverain, tandis qu'Aldérik, restait, comme il fallait s'y attendre, d'un flegme agaçant, attendant la suite.
A son expression, on aurait pu croire qu'il était en train de faire une promenade de santé dans la forêt d'Arkhash, et non qu'il était pris au beau milieu d'une réception sur le point de dégénérer. Seul son regard, perçant sous les mèches châtains de sa chevelure, montrait qu'il était probablement en train de calculer quelle serait la meilleure réponse à donner.
Sentant la tension augmenter, le bouffon, à côté du trône, se leva soudain pour effectuer quelques cabrioles stupides au centre de la Grand'Salle, agitant sa parodie de sceptre royal dans une tentative désespérée pour en faire rire certains, dont la plupart le repoussaient avec agacement. Les membres des différentes factions tournaient des regards anxieux et suspicieux les uns vers les autres, les rivalités internes aux différentes ordres resurgissant sous l'effet du stress. Aléra, la Souveraine des Artificiers, profita de la confusion pour marquer son indépendance, assurant le couple royal de son allégeance.
Dashel jeta un regard pensif à Seren, qui haussa les épaules avec l'air de vouloir se trouver partout ailleurs qu'ici. Une idée venait de poindre dans son esprit en observant le bouffon, et même si elle était risquée, elle pouvait peut-être marcher … Prenant une profonde inspiration, l'Assassin adressa une courte prière à Kilian, et détacha le fourreau d'Amaterasu de son ceinturon, le tendant à la Lémundr.
« Auriez-vous l'extrême obligeance de me tenir ceci, je vous prie ? »
La jeune femme le dévisagea d'un air interloqué, avant d'obtempérer, une lueur méfiante s'allumant dans ses prunelles d'ambre liquide. A travers l'or de ses iris, il pouvait presque percevoir la question muette qu'elle lui adressait, l'interrogeant sur ce qu'il était encore allé imaginer. Mais, après tout, personne d'autre que lui ne pourrait manier Amaterasu, sa Lame Soeur, et s'il tenait à se débarrasser de son arme la plus efficace, c'était bien là son problème et pas le sien.
S'avançant sous le regard suspect d'une centaine de personnes, le Val s'inclina de façon nonchalante et élégante devant l'estrade royale, dans un froufrou de tissus coloré, les grelots tressés dans sa chevelure émettant un tintement joyeux. Ses mains fines se croisèrent alors qu'il effectuait une profonde révérence digne des nobles de la cour, et vides à l'aller, se retrouvèrent pourvues d'une dague à la lame ouvragée, ces dernières quittant leur logement au ceinturon et sous la manche bouffante de la tunique. Aussitôt, ces majestés se tendirent, prêtes à tout, mais le Saltimbanque leur adressa un sourire éblouissant, semblant parfaitement à l'aise, et chassa d'un geste de la main le bouffon effrayé.
« Que vos Seigneuries pardonnent l'intrusion de l'humble Saltimbanque que je suis, mais je me suis dit que cette réception avait bien morne allure, avec tout ces visages fermés et colériques. »
Hochant la tête d'un air très pénétré comme pour appuyer ses dires, Dashel pris la pose, une dague dans chaque main, bras croisés.
« Avec votre royale permission, laissez-moi arranger cela, et mettre un peu de joie dans vos coeurs froids. Ne sommes nous pas là pour nous amuser et fêter votre présence sur le trône ? Je ne comprends guère grand chose à toutes ces histoires compliquées de politique vous savez, tout ce qui compte pour moi, c'est de distraire les gens, le reste je le laisse aux gens intelligents ! »
Ses prunelles d'un gris de tempête croisèrent les yeux de chat de la Reine Céliya, et il lui sourit d'un air charmeur et insouciant, priant intérieurement pour qu'elle n'intervienne pas. Contrariée d'avoir été interrompue, méfiante quant à ses intentions réelles, calculatrice quant à savoir ce qu'elle pourrait tirer de lui, la Reine lui indiqua d'un mouvement de tête qu'il pouvait continuer.
Au fond de lui, le Val savait que Raïock ne cèderait pas aux menaces de la Sorine. Il n'avait pas la moindre idée concernant les raisons de la décision qui les avait tous mis dans ce pétrin, mais il ne pouvait pas laisser son ancien Maitre, un homme admirable malgré sa froideur, finir ainsi.
Soufflant pour calmer les battements affolés de son coeur, Dashel commença à jongler, vidant son esprit de tout ce qui pouvait le déconcenter. Une dague, puis deux volèrent en l'air, et rapidement une troisième, tirée de sa botte droite, vint les rejoindre, virevoltant dans un sifflement tandis que leurs lames effilées fendaient l'air. Comme lors d'un numéro à la taverne, le saltimbanque commença à enchainer quelques figures amusantes, faisant mine de trébucher ou de manquer son coup, affichant son plus beau sourire benêt quand quelques applaudissements retentirent timidement.
Alors qu'il effectuait une demi-volte sur lui-même, haussant une main pour récupérer sa dague, il aperçut une ombre mince, perchée avec un équilibre précaire dans l'encadrement d'une des hautes fenêtres de la Grand'Salle, juste au dessus du groupe des Assassins. La silhouette appartenait à un homme, assez jeune, pour autant qu'il pouvait en juger, et se penchait dangereusement vers l'intérieur de la salle, scrutant l'assemblée avec attention, au mépris de sa propre stabilité … Et la chute vertigineuse qui accompagna sa perte définitive d'équilibre fit à peine sourciller le Val, tant elle était prévisible à ses yeux. Il ne savait pas qui ce gamin pouvait bien être, mais pour être précisément à cet endroit là, à ce moment là, il appartenait forcément aux Voleurs ou aux Assassins. Dans les deux cas, cela n'allait pas tarder à sentir le roussis pour lui.
Aussi le jeune homme s'exclama-t-il d'un ton grandiloquent, tout en désignant l'acrobate en herbe qui, au terme d'un roulé boulé, venait d'éviter d'écraser Seren à quelques pouces à peine.
« Aah, et voici enfin mon assistant tant attendu, il tombe à pic pour ainsi dire ! Je remercie chaleureusement cette chère Arachnea de me prêter son Aspirant pour l'occasion. Voilà une entrée digne des plus grands saltimbanques ! »
Encore un peu sonné, ce dernier regarda Dashel d'un air perplexe, et se remit debout, tout en passant une main dans sa chevelure aile de corbeau ébouriffée, juste à temps pour rattraper une dague qui filait droit sur lui. Seren fixait également Dashel, et ses lèvres serrées tout comme ses doigts crispés sur Amaterasu indiquaient qu'elle devait se demander si elle était définitivement maudite. Aldérik, de son côté, arborait un très léger sourire, presque imperceptible, avec l'air d'apprécier le spectacle. Quelques rires discrets éclatèrent de ci de là.
**Mon gars, je ne sais pas qui tu es, mais j'espère pour nous deux que tu sais jongler.**
Presque miraculeusement, l'acrobate renvoya la dague à son possesseur, tandis qu'une nouvelle volait vers lui, et ainsi de suite, jusqu'à ce que les deux hommes se retrouvent au centre de la pièce, sous le regard captivé de l'assemblée. Quel que soit leur âge, les gens aimaient être impressionnés, et la plupart retrouvaient une âme d'enfant devant de tels numéros. Cet état d'esprit ne durerait peut-être pas, mais au moins avait-il acquis un délai. Enfin, lorsqu'il sentit que l'autre commençait à fatiguer, Dashel récupéra une par une ses dagues de jet, qui réintégrèrent leurs fourreaux respectifs, et s'inclina à nouveau, sa main droite balayant l'air devant lui. Maintenant allait venir le plus dangereux. Il avait réussi à les rendre réceptif, et il ne devait surtout pas perdre de temps.
« Je vous remercie tous de votre attention. Pour les dons éventuels, je vous attendrais près de la porte à la fin de cette réception. »
Puis, s'adressant à l'acrobate :
« Merci à toi aussi, tu as été un assistant parfait ! Aller va, tu peux rejoindre ta Maitresse. »
**Pardon Seren ...**
Se redressant, la tête haute, il adressa un sourire malicieux aux deux Souverains sur leur trône, reprenant immédiatement la parole pour ne pas leur laisser le temps d'ouvrir la bouche et de le congédier. Au bas de l'estrade, Edward, le frère du Roi, l'étudiait avec une attention toute particulière, mais cela n'importait pas. Qu'il pense ce qu'il voulait. Le jeune Val ferma un instant les yeux, s'interrogeant sur les risques qu'il prenait.
**Ce que l'on risque révèle ce que l'on vaut, c'est ce que j'ai appris au cours de mes errances. Alors je vais montrer à l'Ordre quelle est ma réelle valeur. Plus jamais tu ne me mépriseras, Kaë.**
« Vos majestés, que Kilian veille sur votre règne, me permettez-vous, à moi, un humble Saltimbanque, de vous poser une question qui me taraude depuis le début ? Cela m'aiderait à comprendre pourquoi tous ces gens sont réunis aujourd'hui en ce lieu … Et cela pourrait même vous aider à retrouver le sourire, je crois. »
Nouveau sourire innocent pour bien faire, et il alla même jusqu'à papillonner bêtement des yeux. Le jeu d'acteur était une de ses passions, mais il jouait gros ce matin, et devait prendre garde à paraître le plus crédible possible dans son rôle de saltimbanque simple d'esprit. Il marchait sur le fil tranchant d'une épée, au dessus d'un gouffre sans fond …Un faux pas et il finirait enfermé dans les geôles du Palais, promis à une pendaison lente et douloureuse pour s'être moqué de la Reine.
« En réalité … Je crois avoir saisi que vous attendiez des Seigneurs ici présents qu'ils vous prêtent serment, mais vous ne leur avez même pas expliqué en quoi il consistait ! Il paraît logique, en conséquence, que le Seigneur aux cheveux d'argent ait refusé. De plus, il ne serait pas dans votre intérêt de le faire tuer, puisqu'aussitôt quelqu'un d'autre prendrait sa place, et lancerait sûrement de terriiibles représailles envers la couronne ! Oserais-je donc vous suggérer d'expliquer à tous ici ce que vous attendez d'eux exactement par ce serment ? »
Tout en parlant, il avait timidement baissé les yeux sur ses mains croisées sagement sur son giron, et ne les releva que pour lancer un regard rempli d'espoir aux Héritiers postés sur l'estrade. A la fin de sa tirade, il s'inclina et se recula à petits pas, les mains toujours serrées pour les empêcher de trembler. En quelques secondes il avait disparu dans la foule assemblée, et rejoignait la proximité de son Souverain, prêt à recevoir un sacré sermon de la part des autres Maitres.
[HRP : Bon ... Sincèrement désolée pour la longueur du post, je complexe, j'espère que je ne ferais fuir personne :\ ...] _________________
-[ Evanescent Esprit, tel un Rayon de Lune, je suis, Val à la Verve agile, et Saltimbanque égaré ...]- |
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Yaël Kathil Aspirant(e)
 Offline
Joined: 02 Jan 2010 Posts: 33
Sexe:  Nombre RP(s): 16 Race: Néréien Ordre: Assassins Alignement: Indépendant
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Posted: Tue 5 Jan 2010 - 22:02 Post subject: [RP Officiel / 14 Rutalis 1683] Une Aube Rouge |
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Cela faisait déjà une semaine que Yaël faisait parti de l’ordre. La mort de son père n’avait rien fait pour l’en dissuader et à vrai dire, c’était même tout le contraire. Assis contre le mur de pierre froide, ses yeux couleur glace fixait le sol humide où tombaient de-ci delà quelques gouttes d’eau qui perlaient du plafond. Ses yeux froids comme la tempête de la mer n’exprimaient toutefois pas la violence de celle-ci. Ils n’exprimaient que le vide infini de ses émotions. Il passa une main douce dans sa chevelure aux reflets bleu nuit et écarta ses doigts, laissant tomber quelques mèches sur son front. Son visage se baissa. Un masque blanc recouvrant tout le visage était posé à même le sol. Il ne représentait qu’un visage sans émotions, un peu à son image. Lentement, le néréien ferma ses yeux et le passé s’offrit à lui.
La pluie battante, le jeune Yaël s’était enfermé dans la maison. Il ne savait que faire, habitué à vivre sous les ordres incessants de son père. En regardant la cheminée éteinte et froide, il lui semblait entendre à nouveau le bruit du fouet qui claquait contre son dos. Il avait la désagréable sensation de sentir le liquide écarlate couler le long de son échine, mais il n’y avait rien. Ses yeux scrutèrent la pièce vide. Plus rien de ce qu’il avait connu n’existait. Il se leva, sans savoir vraiment pourquoi, et e dirigea vers le bureau de son père. Il frappa à la porte par habitude, puis l’ouvrit. La fenêtre était ouverte et les rouleaux de parchemins étaient tombés et avaient roulés sur le tapis. Le jeune homme se mit à les fixer avant de se décider à les ramasser et les poser dans l’un des tiroirs du meuble en chêne. Il se retourna, ferma la fenêtre et abaissa la poignée au plus bas.
« Ainsi, voici l’outil tant choyé par le père pour me destituer. Quelle maladresse de laisser une arme sans défense dans un endroit où l’on y rentre comme dans un moulin. »
Yaël ne reconnut pas la voix, mais sentait la pression de la lame aiguisé sur sa gorge. L’intrus, à l’évidence, ne plaisantait pas. Le jeune néréien ravala sa salive avant de se détendre et de fixer le paysage à travers la fenêtre. Il continuait de venter à l’extérieur. Les arbres pliaient sous la force de Solarya. Il n’y avait guère d’oiseaux dans le ciel et les nuages semblaient pressés de s’enfuir. Le jeune homme respirait lentement, reprenant la maitrise de son cœur qui s’était mit instinctivement à battre la chamade. Il ouvrit la bouche, et ses lèvres se muèrent sans pour autant qu’un son n’en sorte. Il inspira une seconde fois et des sons audibles sortirent enfin.
« Je ne comprends pas ce que vous voulez dire. »
La phrase était dite comme l’on parlerait de la pluie et du beau temps. Bien sûr que non, Yaël ne pouvait être au courant des manigances de son père au sein de l’ordre des assassins. Et c’est peut-être ce qui pouvait le sauver. Il sentit la pression sur sa gorge diminuer un peu pour voir au final la lame sous sa gorge regagner son fourreau. L’homme le fixait, mais le néréien ne bougeait pas. Il faisait toujours face à la fenêtre, les yeux rivés sur le paysage.
« Ainsi, tu es bien tel que ton père t’avait décrit. Froid, imperturbable et sans émotions. Il t’a modelé pour être son arme parfaite et tu te laisserais tuer sans réagir alors que tu aurais du être mon assassin. Quelle ironie du sort. J’ai devant moi un outil qui devait être utilisé contre moi et que je pourrais m’accaparer. Intéressant. »
Yaël ne l’écoutait qu’à demi-mot. Il était considéré comme un objet, mais cela ne le dérangeait en aucune façon. Tout au plus, cela le confirma dans sa très basse estime de soi-même.
« Je me fiche totalement de ce que vous dites. Faites de moi ce qu’il vous plaira. Tuez-moi si cela vous chante, je n’en ai cure. »
Aldérik arbora un sourire étrange, comme s’il était content de la réponse qu’il venait de recevoir. Il passa une main dans ses cheveux noirs aux reflets auburn. Un silence de plomb pesait dans la maison. Le vent s’agitait à l’extérieur, et les feuilles s’envolaient vers d’autres horizons. Le souverain des assassins fit quelques pas en direction d’une chaise de bois, la prit d’une main et la posa près de lui avant de s’asseoir dessus. Les mains et les jambes croisés, il scrutait Yaël de ses yeux lapis-lazuli. Il posa un doigt sur le coin du bureau et le laissa se mouvoir sans mot dire. Quelques minutes s’écoulèrent avant qu’il ne reprit la parole.
« Je te propose un marché : viens avec moi. Nous te formerons à devenir un assassin. En échange, tu seras la carte sous ma manche, mon atout. Acceptes-tu ? »
Le ton employé était relativement neutre. Il ne dénotait aucun réel intérêt dans sa phrase. Il ressortait du personnage un flegmatisme à toute épreuve.
« Et si je refuse ? »
Il se passa quelque secondes avant qu’Aldérik ne réagisse, comme surpris de la réponse, avant de répondre impassiblement :
« C’est toi qui voit. Ce n’est pas mon avenir que je joue, c’est le tien qui peut évoluer. Je te laisse le choix. Ou tu fais mat, ou je fais tomber le roi. »
Il s’écoula encore un peu de temps avant que Yaël ne daigna se tourner et faire face à celui qui lui tendait une main. Il l’observa de haut en bas et s’avança vers lui lentement.
« Je vous suivrais alors. Je serais votre outil, votre lame, si vous désirez faire de moi ceci. J’obéirai aux ordres comme j’obéissais à mon père. Ma fidélité vous est acquise. »
Un sourire satisfait naquit sur les lèvres du souverain avant de se lever et de se diriger vers la porte du bureau, encore ouverte. Il tourna la tête vers le néréien et lui dit sereinement :
« Alors, tu viens ou tu restes planté là ? »
Un croassement tira Yaël de ses pensées. Il faisait désormais parti de l’ordre, et il s’était vu confié une mission qui devait ne pas lui poser de problème quelconque. Il devrait pénétrer dans la Grand’ salle du palais de Telrör. Rien de bien difficile si les portes étaient restées ouvertes. Il ne lui restait que peu de choix. Il sortit de sa cachette et se dirigea, le masque dans la main, vers l’une des ailes de la bâtisse. Il escalada la paroi au moyen d’un grappin et réussit tant bien que mal à se tenir sur le rebord de la fenêtre qui était mal fermée. Il posa le masque sur son visage et s’engagea dans l’embrasure crée par l’ouverture de la haute vitre. Il la referma lentement et se pencha vers le sol. Il y avait une véritable foule en bas, et sauter relevait du pur suicide. Atteindre le lustre relevait également de la folie. Il n’avait guère le choix. Cependant, il sembla que le destin souhaitait accélérer les choses. S’étant penché un peu trop, le poids du jeune aspirant bascula en avant, et il amorça sa chute dans le vide. Il tomba à même le sol à quelques pas d’une autre personne. Il acheva son roulé-boulé amortissant la chute lorsqu’il remarqua que la foule s’était déjà reculée autour de lui.
« Aah, et voici enfin mon assistant tant attendu, il tombe à pic pour ainsi dire ! Je remercie chaleureusement cette chère Arachnea de me prêter son Aspirant pour l'occasion. Voilà une entrée digne des plus grands saltimbanques ! »
Yaël, bien qu’encore perturbé par la chute qu’il venait d’effectué, ne manqua pas de trouver étrange la remarque de l’étrange personne qui, en quelque sorte, lui sauvait la mise. Il se releva donc et attrapa de justesse une dague qui pointait son nez vers lui.
*Mais il est complètement fou celui-là. Il veut me tuer ou quoi? *
Une goutte de sang perla sur son index, mais il n’en fait pas cas et la relança à l’envoyeur avant d’en réceptionner une deuxième puis une troisième.
*Mais à quoi tu joues ?*
Fort heureusement, il n’était pas assez maladroit pour ne pas rattraper les armes, ni assez sot pour les esquiver. S’entamait alors un ballet de dague qui virevoltaient jusqu’à ce que le saltimbanque sente la faiblesse du néréien. Le petit manège s’arrêta fort heureusement pour lui.
« Merci à toi aussi, tu as été un assistant parfait ! Aller va, tu peux rejoindre ta Maitresse. »
Yaël acquiesça d’un mouvement de tête et rejoignit la dite Arachnea désignée d’un geste de la main par le saltimbanque curieux. Il la fixait en avançant de ses yeux bleus glace avant de se poster à côté d’elle et lui souffler d'un ton quasi monotone:
«Yaël Kathil, je suis à vos ordres Maîtresse Arachnea »
Il n’avait pas saisit la fin de la première phrase mais profita du laps de temps écoulé pour se concentrer sur la seconde.
« En réalité … Je crois avoir saisi que vous attendiez des Seigneurs ici présents qu'ils vous prêtent serment, mais vous ne leur avez même pas expliqué en quoi il consistait ! Il paraît logique, en conséquence, que le Seigneur aux cheveux d'argent ait refusé. De plus, il ne serait pas dans votre intérêt de le faire tuer, puisqu'aussitôt quelqu'un d'autre prendrait sa place, et lancerait sûrement de terriiibles représailles envers la couronne ! Oserais-je donc vous suggérer d'expliquer à tous ici ce que vous attendez d'eux exactement par ce serment ? »
*Quel étrange personnage celui-là.* |
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Seren Sanae Assassin
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Joined: 30 May 2009 Posts: 45
Sexe:  Localisation: Paris Nombre RP(s): 16 Race: Lémundr Ordre: des Assassins Alignement: Indépendant Lame Soeur: Estë
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Posted: Thu 7 Jan 2010 - 20:41 Post subject: [RP Officiel / 14 Rutalis 1683] Une Aube Rouge |
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La vie n’était hélas pas toujours clémente. Elle l’avait apprise plusieurs fois à ses dépends tout au long de son existence, cependant le constater était toujours source d’étonnement… Et d’irritation. La jeune assassin coula un regard qui se voulait mêlant indifférence et mépris vers Kaë Del’Wyn, le second maître qu’elle s’était vue octroyée sur toute la longueur d’une vie, mais qui, à ses yeux, n’en avait que le titre, pour ce qu’il valait. Tournant nonchalamment la cuillère dans sa tasse, elle se souvenait amèrement des minutes précédentes, avant que cet énergumène ne pénètre son habitat, troublant ainsi leur tranquillité, à Dashel et à elle. Après une nuit parmi tant d’autres où elle avait pu, à l’insu du jeune homme (ou le savait-il ?), placer quelque peu le poids qui lui meurtrissaient les épaules, jour après jour, entre ses mains, un matin serein aurait été la conclusion parfaite de ce rendez-vous.
Hélas, Kaë Del’Wyn était tout, sauf quelqu’un appréciant que les autres, surtout elle, soit en paix.
Forcée de recevoir un ordre dont elle se serait bien passée, en plus de voir son visage ravi de l’importuner, elle avait en plus à supporter sa présence chez elle, car évidemment il s’éternisait. Il causait maintenant avec son ancien aspirant comme si de rien n’était, n’ayant cure de la manière dont elle le fixait, tout comme ses répliques froides et aussi explicites que « Merci, sors maintenant, j’ai fait le ménage il n’y a pas très longtemps. » n’avaient eu d’autres effets sur lui qu’une mine ironique et plutôt réjouie. Elle darda ses yeux d’or sur Dashel qui maintenait la majeure partie de la conversation face au silence déterminé de sa compagne de nuit. Qu’importe, il devait avoir l’habitude. Dashel s’était vite fait à la haine quasi palpable qu’elle nourrissait envers leur maître, même si, à sa surprise il est vrai, il n’avait jamais tenté une quelconque approche pour en connaître les fondements. Sans doute s’était-il contenté de se fier aux vagues rumeurs circulant ça et là au sein de leur Ordre.
Un soupir faillit lui échapper quand elle songea à la masse de travail qu’elle aurait à accomplir pour se rattraper lors de son retour. Le travail à l’auberge, à la taverne, au sein de sa troupe de théâtre, elle devrait sûrement réviser son rôle pour la prochaine pièce pendant leur expédition, les masques qu’elle confectionnait et vendait, elle en prendrait un ou deux pour s’occuper, elle avait promis d’aider l’orphelinat pour le linge à laver, et…Elle vida ce qu’il restait de thé au fond de sa tasse avant de se saisir d’un biscuit qu’elle croqua. Elle se réjouissait de passer une semaine bien remplie… Pourquoi elle ? Pourquoi leur fichu Seigneur avait-il choisi parmi tous les assassins un clown, un meurtrier et elle ? Quant au quatrième, elle le connaissait bien peu.
Qu’avait-elle fait de mal, ô Kilian ?
Cependant on ne peut refuser un ordre lorsqu’il vient du grand sommet. Ainsi partit-elle avec les trois hommes, maugréant qu’elle n’avait même pas de compagnie féminine pour compatir à sa douleur. Cela les avait tous fait sourire, et ne l’avait que plus énervé. Aldérik connaissait son aversion profonde pour Kaë, pourtant il avait pris le trio infernal qu’ils formaient avec Dashel comme escorte… Quelle inconscience ! Et ça se prétendait Seigneur des assassins ! Avait-il au moins réfléchi avant cela ? Il lui semblait indubitablement que non. En sa mémoire était frais encore le souvenir d’une plus jeune Seren vociférant, criant, hurlant devant lui, négociant même tout ce qu’elle possédait, pour ne pas être sous la tutelle d’un individu tel que Kaë. Elle aurait tout accepté, et il avait maintenu ses positions. A cause de lui, elle avait dû vivre chaque seconde en la présence de Kaë remplie de haine. Sa rancune était tenace et bien ancrée en elle, quoique déséquilibré par le manque d’intérêt qu’il avait l’air d’y prêter. Se souvenait-il juste de l’épisode ?
La réponse était claire : non. Cet homme vivait constamment au jour le jour, se souciant peu des évènements et se fiant apparemment totalement au hasard. Qui donc l’avait élu pour tous les guider ? C’était quand elle le contemplait qu’elle se réjouissait d’être devenue indépendante, même si cela ne la rattachait pas moins à l’Ordre. Et elle le sentit vivement durant cette semaine à voyager, semaine s’étirant avec aisance dans le temps. Seren était à deux doigts d’étrangler Kaë, de faire ravaler ses jongleries à Dashel et de secouer Aldérik pour le réveiller quand ils pénètrent la capitale. Elle fut même tenter d’aller demander des explications au Roi et à la Reine et d’exiger réparation pour toute la patience dont elle avait dû faire preuve. Ses nerfs étaient sur le point de craquer, elle avait peu dormi, victime de visites dont elle se serait amplement passées, et elle sentait dans ses muscles toutes les courbatures du trajet dont elle n’avait pas eu le temps de se remettre, le sommeil la fuyant quand la nuit devenait un peu trop noire et oppressante…
Il était néanmoins hors de question de laisser paraître toute faiblesse aux yeux de Kaë.
Elle avait donc fait passer son impossibilité à dormir dans n’importe quelle activité possible et imaginable. Prendre le plus de tours de garde quand ils dormaient à ciel ouvert, aller chercher de l’eau, de la nourriture, s’entraîner, même si elle avait dû perdre quelque crédibilité aux yeux de Dashel qui avait pu constater avec elle-même qu’étrangement le corps ne tenait pas la cadence physiquement avec juste une heure de sommeil. Une couverture avait été sa meilleure amie deux jours avant le moment fatidique. Il avait fallu ensuite se préparer à la cérémonie… C'est-à-dire à pas grand-chose. Elle s’était occupée de ses armes, les faisant briller et les affutant, de sa tenue, assez soignée pour l’occasion mais assez pratique pour se déplacer sans gêne en cas de pépin, de son masque, dissimulant habilement ses traits, Arachnea devait rester un mystère pour tous ceux extérieurs à l’Ordre, et s’était renseigné sur une quelconque stratégie si les évènements tournaient en leur défaveur… Mais en vain.
Aldérik allait à la rencontre de l’Ordre du Trône comme s’il allait rendre visite à de vieux amis, ne pensant qu’au goût des mets et de l’alcool allégrement échangé. Sans réponse face à ses questions, et faisant ainsi cette déduction, Seren s’était résignée à la stupidité de son Seigneur et faisait maintenant le pied de grue à quelques mètres de Dashel qui lui se vouait tout entier à l’exercice de ses charmes face à une jeune femme accompagnée de son enfant, mais ce détail n’avait pas l’air de l’entraver pour autant. Il lui fallut se rappeler l’amitié sincère et réciproque qu’elle éprouvait pour lui pour se retenir de le déposséder de ce qui faisait sa qualité d’homme. L’empoignant par le bras, elle le traîna à sa suite vers les trois autres hommes déjà prêts. Tous deux n’étaient maîtres que depuis peu de temps, ce n’était vraiment pas l’occasion de se donner en spectacle et de se rabaisser.
« Au cas où cela vous intéresserait, très cher, pendant que vous batifoliez gaiement avec cette Héritière, la cérémonie d'ouverture a commencé, les Souverains des six Ordres sont invités à pénétrer dans la salle et à réitérer leur serment d'allégeance. »
Elle eut une autre remarque cinglante vis-à-vis de son masque, qu’il n’avait même pas encore daigné enfiler, tout en vérifiant que le sien était bien attaché. Il n’avait aucune crainte de voir sa véritable identité se révéler au grand jour ou bien le faisait-il exprès ? D’un haussement d’épaule, elle rejeta cette question derrière elle, tout comme le reste et ce qui la préoccupait. Il n’était plus temps d’y penser. Déjà, ils pénétraient tous l’immensité de la salle où chacun devraient jurer fidélité à celui qui gouvernait tout… Elle eut un regard sceptique au Roi avachi sur son trône, ayant beaucoup plus de foi en sa compagne dont émanait, si ce n’était plus de charisme, au moins plus de dignité. Un sourire teinté de cynisme jaillit presque sur ses lèvres en constatant à quel point il était aisé de deviner qui détenait la véritable supériorité entre ces deux là. Qui savait le nombre de complots se tramaient au cœur des alliances royales et de leur filiation ? C’était bien pour ça que le manque de vigilance d’Aldérik, tout à la contemplation des murs, l’agaçait au plus haut point. Ce genre de circonstance ne laissait rien au hasard. Tous ici présents étaient là pour une bonne raison.
Et beaucoup l’avaient compris, ainsi qu’où se situait leur intérêt. Sans surprise, elle vit le Seigneur des mages s’avancer et prêter serment d’allégeance, glissant habilement dans son discours où la réelle autorité se trouvait, il en fut de même pour le Seigneur des chevaliers, elle en vint à espérer que cela durerait moins longtemps qu’elle ne l’avait cru au premier abord. Malheureusement Kilian avait d’autres projets, et c’est avec lassitude qu’elle contempla le Seigneur des voleurs rompre la chaîne. N’avait-il pas appris que les actes parlaient plus que les mots, si vite envolés et oubliés ? S’il tenait à préserver son indépendance, il n’avait qu’à user, et cela n’aurait pas dû lui poser de difficultés vu son rang, du mensonge, cela reviendrait au même au final. La réaction de la Souveraine lui laissa présager qu’en effet, il n’avait pas pris la meilleure décision de son existence, et c’est avec appréhension qu’elle entendit les portes se fermer. Instinctivement, sa main vint chercher le pommeau d’Ësté pendant que, dans la précipitation, les deux dirigeantes de l’Ordre des pirates et de l’Ordre des artificiers tentaient de sauver leurs peaux.
Elle eut un regard pour Aldérik. Les tentures sur le mur étaient toutes entières à son admiration. Elle se sentit incroyablement lasse tandis que le bouffon du Roi venait exécuter quelques pirouettes.
« Fermez les portes ! Je vous l’ordonne ! Personne ne quittera cette salle tant que les choses ne seront pas éclaircies. »
* Par Kilian ! Mais ma pauvre Reine, nous ne sommes pas couchés ! *
Les catastrophes s’accumulaient les unes après les autres. Et dire qu’il y avait encore quelques jours, elle dormait, sereine et heureuse, dans son lit moelleux avec un homme dedans pour la réchauffer… Lequel était maintenant en train de lui brandir son arme sous le nez. Elle haussa un sourcil, le fixant d’un air soupçonneux… Qu’allait-il encore inventer pour faire dériver l’attention sur lui ? La situation n’était-elle pas bien assez dramatique ?
« Auriez-vous l'extrême obligeance de me tenir ceci, je vous prie ? »
La confusion régnant, elle n’eut d’autres choix que d’accepter. Après tout, les évènements avaient atteint un tel degré qu’à vrai dire peu de choses ne pourraient les empirer plus que cela. Comme elle se trompait. Suspicieuse, elle l’observa commencer son petit numéro, admirant toutefois l’adresse qu’il avait à attirer l’attention des personnes présentes sur lui, et surtout d’avoir réussi à obtenir l’accord de la Reine qui semblait au bord de la syncope. Toutefois, l’habilité de Dashel à manier ses dagues avec autant d’aisance que ses mots eut le mérite de calmer la foule et d’apporter quelque apaisement dans l’esprit des gens présents, ce qui n’était pas pour lui déplaire, elle dut bien le reconnaître. Le saltimbanque n’avait pas son pareil pour s’adapter aux situations mêmes les plus incongrues. D’ailleurs, il le prouva une nouvelle fois.
Quand un parfait inconnu décida d’atterrir dans la salle en passant par la fenêtre.
Ses réflexes la sauvèrent. D’un bond, elle s’écarta de lui, s’apprêtant à dégainer et à lui faire comprendre le sens du mot « douleur ». Néanmoins l’assassin ne s’attendait pas à la soudaine intervention de son pair qui désigna le nouvel arrivant comme étant son assistant et…Son aspirant à elle. Son cœur manqua un battement alors qu’elle dévisagea, ou plutôt tentait de dévisager ce qui se trouvait derrière le masque neutre d’un blanc éclatant. Les iris perçues derrière ne l’informèrent pas plus que cela sur la nature du personnage qui se prêta immédiatement au jeu de Dashel. Reprenant constance, Seren se mit prudemment à quelques mètres d’eux, réfléchissant intensément. C’était une farce. Une pitoyable farce de la part de Dashel. Ou une manœuvre, rien d’autre. Il ne pouvait pas lui avoir attribué un aspirant d’office, il n’en avait de toute façon pas le droit, seul une personne pouvait faire ça… Mais le regard rieur d’Aldérik lui fit plus peur qu’autre chose. Ils étaient tous deux de mèche ? Non, ils tentaient simplement de venir en aide à cet espion, rien d’autre. Un espion qui avait sérieusement sa formation à revoir.
Discrètement, elle jeta un coup d’œil au reste de la foule, se demandant combien de crétins allaient croire à ce subtil mensonge. Tous les assassins avaient cependant intérêt à ce que la majeure partie d’entre eux le gobe, elle en premier puisqu’apparemment désignée comme sa responsable. Elle sera l’arme de Dashel dans sa paume. Il allait lui payer cet affront très cher. Le prochain instant seuls risquait d’être gravé pour toujours dans sa mémoire. Et voyez le naturel avec lequel il le renvoya vers elle comme si cela était tout à fait normal ! Le jeune homme obéit, et de toute façon, il ne pouvait faire que cela, et vint à elle, se plantant à ses côtés.
«Yaël Kathil, je suis à vos ordres Maîtresse Arachnea »
Ses yeux rencontrèrent les siens, incrédule devant l’étonnante impassibilité de son prétendu aspirant. Jouait-il la comédie ? C’était certain. Il ne pouvait pas se fier à une phrase lancée uniquement au hasard pour lui sauver la vie. Ou alors, il lui prouvait sa reconnaissance, rien de plus. Elle lui adressa un léger signe de tête et réprima un soupir. Si c’était le cas, il n’avait sans nul doute pas compris qu’elle se trouvait dans une aussi piètre position que lui. Son regard aurait pu tuer Dashel sur place, occupé tout entier à sa mise en scène et feignant l’idiotie, y arrivant même un peu trop bien. Pourtant, elle ne fut pas dupe quant à son stratagème. Les intentions de ceux qui les avaient tous réuni ici. Cela dépassait de loin une simple histoire de renouvellement de serment, c’était évident, mais… Ah, Dashel, ne savez-vous pas que c’est en allant vers le repaire des loups qu’on les réveille ? Et notre odeur, en vérité, est bien alléchante à leurs narines… Lentement, comme sentant lui aussi le danger imminent, il revient vers le petit groupe qu’ils formaient. Son regard s’ancra au sien à travers les façades des masques et quelle chance il avait que ces derniers soient présents…
« Vous ne perdez rien pour attendre… »
Lui tendant son arme pour qu’il la reprenne, elle ajouta, tout en se rapprochant de lui et murmurant toujours de telle sorte que ses paroles n’étaient entendues que par eux :
« J’espère que vous avez des explications… De très bonnes explications. »
Lui jetant un dernier regard assassin, elle reporta son attention sur le reste de la salle qui visiblement paraissait aussi décontenancée qu’elle. _________________
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Alwen Til'doreh Artificier
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Joined: 21 Dec 2009 Posts: 12
Sexe:  Localisation: Sur les routes et les chemins du Royaume maudit. Nombre RP(s): 2 Race: Humain Ordre: des Artificiers Alignement: Juste Associé: Ashram
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Posted: Sun 17 Jan 2010 - 15:32 Post subject: [RP Officiel / 14 Rutalis 1683] Une Aube Rouge |
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Alwen réprima un bâillement. Noyé parmi la foule de convives présents dans la Grand-Salle du palais royal, le maître artificier commençait vraiment à trouver le temps long. Voilà presque trois heures qu’il était là, debout dans une des traverses de l‘immense pièce, à attendre, perdu dans la masse des invités, héritiers, nobles ou autres commensaux. Les traits cachés sous une lourde capuche, il regardait le spectacle, impatient de la suite des événements.Cela faisait quelques semaines déjà qu’Ashram lui avait parlé de cette convocation massive des Souverains des six ordres, et le marchand avait mit ce temps à profit pour rejoindre la capitale et faire jouer ses relations. Il se devait d’y assister et il ne pouvait compter sur l’honneur de faire parti de l’ambassade des artificiers. Un « ami » l’avait donc fait entrer le moment venu, bien avant l’arrivée massive des principaux protagonistes et Alwen ne dépareillait guère dans l’assemblée. Les Héritiers étaient dans leur plus beaux atours, portant ouvertement les insignes de leur maison mais derrière eux se trouvait un certain nombre d’hommes ou de femmes masqués, cachant leur identité sous de grandes capes ou d’étranges voiles du sud. Gardes du corps, voleurs, assassins ou même ses confrères artificiers en contrat avec les Héritiers. Mais il s’ennuyait. Entourés par une haie de gardes, les souverains étaient entrés, la tête haute, chacun baignant dans leur orgueil, leur propre arrogance surpassant même celle de cette chère reine. Alwen connaissait de réputation toute cette petite troupe et n’y appréciait guère que sa propre souveraine. Aucuns n’était là pour rendre hommage au roi, et le pauvre homme assis sur son trône sculpté trembla en voyant arriver ses vassaux, si fiers et remplis d’eux-mêmes. Le monarque aurait pu être un excellent roi. Il était bon, noble et droit, mais piégé dans une mer de complots, entouré de jalousie et de haine, il a fini par céder, se voutant sous le poids de sa charge, incapable de surmonter sa peur. C’était dommage. Et les charognards se battaient désormais devant son corps meurtri.
- Je suis Aethen Meneldur, Souverain de l’Ordre des Mages.
Le premier seigneur s’était avancé. Aethen Meneldur. Arrivé d’on ne sait où, on ne sait comment et propulsé au rang de souverain. Étrange garçon au visage d’enfant et dont les ambitions personnelles restaient mystérieuses. Mais, il prêta pourtant serment, sous le regard interloqué ou contrarié des monarques.
Autour de l’artificier, une certaine tension était palpable. Des murmures se firent entendre, car Selijar Sel’Raya marcha vers le trône, après quelques secondes de lourd silence.Certains le connaissaient, beaucoup n’avaient entendus que des rumeurs mais sa seule présence, la couleur de ses yeux et son port noble et reconnaissable seraient un sujet de discussion à Telrör encore longtemps dans les semaines à venir. Alwen s’en moquait, il pouvait très bien être le fils du cerbère ou son arrière petit cousin au dixième degré, tout ce qu’il savait c’était que la présence du chevalier le mettait mal à l’aise. Il émit un soupir de soulagement quand ce fut le souverain des voleurs qui s’avança. Mais…
- Et je refuse quelque allégeance que ce soit. Je ne vous serais pas soumis. Tout au plus puis-je promettre de ne pas vous nuire. Du moins directement.
L’artificier aurait ri s’il n’avait pas été entourés d’autant d’yeux, et tout en se passant une main sur le visage murmura : « mais comment peut on être aussi idiot… ». En un instant, sur un ordre de la reine, les gardes du palais auraient pu le cribler de flèches. Croyait il que son rang le protégerait ? Pensait il vraiment que son ordre pourrait s’opposer à la puissance royale ? Mais aussi étrange que cela puisse paraître, rien n’arriva car une retardataire passa en trombe les portes ornementales.
« Euh… bonjour », parla la femme au teint halé en entrant précipitamment. Alwen était habitué à ce qu’on s’adresse à lui par télépathie par Ashram mais cela faisait toujours bizarre. Surtout venant d’Elle. Elemmìrë El'ewyhn, la fantasque souveraine des pirates, aimée par beaucoup, abhorrée par d’autres mais ne laissant personne indifférent. L’artificier la trouvait jolie. Chez une telle femme, on pouvait bien tolérer un peu d’étourderie. Même quand :
Vos Majestés, je vous prie sincèrement d’excuser mon retard, qui est dû à… eh bien… rien en fait. Quoi qu’il en soit, je suis désolée. Mais bref, venons-en au fait. Je veux bien vous prêter un nouveau serment d’allégeance, je voulais juste vous dire que je n’en vois pas trop l’intérêt. Je vous ai déjà prêté allégeance il y a quatre ans, ce serment est toujours valable. Bon, maintenant, si vous tenez absolument à ce que je recommence, ça ne me pose aucun problème, je voulais juste vous dire que je trouve ça inutile.
Cette fois ci, Alwen laissa échapper le rire qu’il avait contenu pendant tout ce temps et des regards noirs vinrent aussitôt se poser sur lui. Il leur répondit en haussant les épaules. Les gardes cette fois réagirent. Sur un ordre de la reine, ils fermèrent les portes et entourèrent les convives. Qu’allait il se passer ? Ces idiots de souverains étaient en train de lui faire perdre son temps. Ne pouvaient ils pas dire « Je prête serment de fidélité. » qu’on passe directement à la phase suivante ?Heureusement, il y avait une personne un peu plus adulte que les autres. Aléra d'Arcadis. La femme de fer.
D’une phrase, elle calma la situation et jura fidélité à ses monarques comme tous aurait du faire depuis le début. En retournant auprès des autres souverains, Alwen sentit ses yeux se poser dans sa direction. Relevant quelque peu sa capuche, il lui fit un clin d’œil. Il aimait bien cette petite madame.
« Miaaaa, alors comment se passe la pièce, associé ? Est elle à ton gout ? Je trouve que les acteurs sur jouent un peu trop. »
L’artificier tiqua en entendant cette voix dans sa tête. Ashram n’était pas loin et étrangement sa présence le rassura. D’un coup d’œil, il essaya de deviner sa position mais en vain. Le chat garou avait également trouver le moyen d’assister au spectacle. Malgré les apparences, l’Histoire se jouait aujourd’hui. Alwen se dit que l’histoire pouvait prendre une tournure des plus burlesques parfois. Mais le temps passait et la comédie ne s’arrêta pas car…
- Oh non, qu’est-ce que c’est encore… murmura l’artificier en voyant un personnage aux cheveux d’argent sortir discrètement du groupe des assassins. Encore un comique…Devant le trône, comme si personne ne l’avait vu arriver avec Aldérik, le petit homme joua avec des couteaux, s’improvisant ménestrel jusqu’au moment où un de ses comparses tomba bêtement d’une fenêtre et qu’après un petit duo adroitement mené, l’envoya chez sa maitresse qui l’accueillit d’un œil noir.
- Et dire que les assassins sont censés être ombrageux, remplissant de terreur le cœur des honnêtes gens… on croirait voir « les amis des jardins », pensa-t-il.
D’autres convives semblaient penser pareils, car la plupart riait encore à gorge déployée, comme si une troupe de bouffons avait soudain débarqués pour égayer le palais. Peut être étais ce l’effet voulu ? Qu’allait faire Aldérik maintenant ? Peu importe, Alwen n’espérait qu’une chose, que cette petite réunion finisse rapidement. L’heure n’était plus aux mondanités. Quand est-ce que la reine allait enfin déclarer ce qu’elle devait déclarer ? Et pendant que le troubadour lanceur de dagues finissait de parler, l’artificier sentait sa sueur glacé couler le long de son échine.
« Dépêche toi mon petit, laisse la place au beau ténébreux qu’il en finisse, sinon on sera encore là à la nuit tombante. »
« Miaaa, on a pas encore fini associé, tu me raconteras la fin, je vais dormir dans un coin en attendant le grand moment. »
Alwen bailla. Il aurait bien aimé faire pareil. |
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Lamia la Malveillante Dame Multivisage
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Joined: 13 Oct 2009 Posts: 8
Sexe:  Localisation: Pami ses petits sujets les Faucheurs Nombre RP(s): 7 Race: Déesse Masquée
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Posted: Fri 22 Jan 2010 - 23:24 Post subject: [RP Officiel / 14 Rutalis 1683] Une Aube Rouge |
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Tout s’enchaînait bien trop vite à son goût. Et comment se faisait-il que tant de gens masqués soient dans la Grand’Salle ? Assassins ou Voleurs, Borric n’aurait su le dire, n’auraient jamais du franchir les portes avec leurs Souverains respectifs. Il était même étonné que la garde ne les ait pas immédiatement arrêtés. La situation empira lorsqu’un nouvel inconnu masqué tomba d’une des hautes fenêtres et fut entraîné par un de ses comparses dans un spectacle de jonglerie, sous les yeux de centaines d’Héritiers et d’un bouffon jaloux. Le roi s’autorisa un sourire appréciateur qu’il réprima aussitôt. Il coula un regard anxieux vers son épouse mais celle-ci ne semblait pas lui accorder son attention, fort heureusement pour lui. En cet instant, tous les feux de son regard vert étaient tous entiers consacrés à l’effronté jongleur qui avait l’audace de l’interroger. Comment osait-il ?!
Maîtrisant sa voix tout en lui offrant une nuance subtile de dédain, elle répliqua avec un calme étrange qu’il en était presque effrayant puisqu’il contrastait fort avec son brusque accès de colère noire quelques minutes plus tôt :
- Je te le permets, Saltimbanque. Pose-nous ta question.
Par-là même, le tutoiement était censé rabaisser et l’éloigner du trône dans l’échelle sociale, métaphoriquement parlant. Et le « nous » signifiait non seulement que la Reine parlait en son nom et en en celui du Roi mais aussi en tant que pouvoir légitime. En deux petites phrases se résumaient la suprématie de la femme sur son époux qui faisait tant jaser autour d’une table de taverne.
La question proprement dite posait plus de problèmes pour elle qu’elle l’aurait voulu – ou qu’elle ne voulait le croire. Tâchant de garder un minimum de contrôle sur sa posture et surtout sa voix, elle s’apprêtait à répondre d’une voix certes cinglante mais digne qu’elle avait des raisons tout à fait honorables que déjà, son beau-frère s’avançait de nouveau vers le trône. Déférent, il attendit qu’elle daigne lui accorder quelques attentions et lui permette de parler. Elle ne pouvait le lui refuser même si cela enrageait. Fidèle à son esprit tortueux, empoisonné de paranoïa, elle crut entendre parmi la foule de chuchotements les murmures satisfaites des partisans de son principal rival.
- Vos Majestés, me permettez-vous, une fois encore, de parler en votre nom ? - Je vous le permets, prince Edward.
Pour un peu, elle en aurait pleuré de rage.
Le prince se tourna alors face au jeune homme couronné d’une crinière de cheveux blancs qui n’avaient rien à envier à la sagesse de l’âge. Son visage ne trahissait rien, excepté ses yeux liquide inquisiteurs. Les mains croisées dans son dos, non pour dissimuler une dague mais plutôt pour éviter d'avoir les bras ballants, il répondant d'une voix égale :
- Sieur saltimbanque, permettez-moi de vous répondre. Leurs Majestés ont pris une décision importante, pouvant nous mettre tous en péril, en nous réunissant tous ici. C'est une preuve de l'unité du Royaume. De plus, cela faisait longtemps que les Souverains des sept Ordres de Telmàriën ne se sont pas réunis sur un semblant de pied d'égalité. il y a eut des précédents, si c'est cela qui vous intriguent dans cette démarche. En marchant dans les pas de nos ancêtres, Leurs Majestés avaient besoin de prouver au regard du monde que le Royaume est toujours aussi puissant et capable de s'unir dans l'adversité. Cela ne signifie peut-être rien pour vous mais en ces temps de paix, les apparences peuvent être plus trompeuses que jamais.
Mais il fallait bien reconnaître qu'il avait l'art de tourner une situation désastreuse à son avantage. Un talent rare et dangereux. Surtout pour elle. Il faudrait qu'elle accélère un peu sa démarche. Les yeux de la Reine étincelèrent un bref instant.
Ainsi, son beau-frère ignorait ses véritables desseins d'alliances comprometteuses... Ou, tout du moins, avait-il été assez finaud pour ne pas le mentionner. Il était plus intelligent qu'au premier abord.
Le charismatique et éloquent Edward se retourna vers Céliya en haussant un sourcil. Sa belle-sœur opina légèrement, lui donnant satisfaction. Le prince reprit sa place au bas du trône, près de son frère bien-aimé. Parfois, l'amour fraternel qu'il vouait à Borric l'écœurait. Et la rendait jalouse, aussi. Mais cela, elle ne l'admettrait pour rien au monde. Elle reprit son inspection des Souverains devant elle, les jaugeant une nouvelle fois après ces incidents dont l'un devrait être réglé sous peu sinon, ils seraient tous condamnés à passer la nuit ici car elle refuserait de rouvrir les portes tant que cela ne serait pas accompli. Le Voleur Del'Houn, avec son visage de marbre et ses manières de rustre, attisèrent le tison flamboyant de colère qui couvait en elle depuis son entrée en matière. Elle changea de figure pour tenter de se calmer. L'Assassin Aldérik semblait plus passionner par les oriflammes qu'autre chose mais son œil exercé savait reconnaître un regard calculateur. L'Artificière si franche et si douce comme le démentait son apparence si insolite voire même effrayante attendait patiemment la suite, telle une dame courtoise dans son château perdu de métal qu'on vienne la délivrer. Autant dire jamais, persifla intérieurement avec mépris Céliya. La Pirate El'ewyhn, elle, si exubérante et insolente bien qu'étrangement décalée si l'on pouvait dire, la laissait perplexe - bien qu'elle ne supporte pas l'idée qu'elle ait pu la braver ! Les regards qu'elle lançait fréquemment vers le Mage Meneldur l'alertait que les deux Souverains se connaissaient déjà de longue date donc, qu'ils étaient peut-être alliés. D'ailleurs, le frêle Oryak à l'apparence si candide et aux yeux argentés pourtant aussi durs que l'acier en cet instant était occupé à observer tout ce qui se trouvait à porter de son regard ou à fusiller son acolyte en retard, frère sans doute de la Pirate au vu de leur ressemblance troublante. Le jeune et étrange seigneur Mage, si tranquille et en même temps habité d'une force inconnue, l'effrayait soudain. Elle avait cru un instant apercevoir dans son ombre celle de la déesse Kilian...
Enfin, elle en vint au jeune Selijar. Son propre fils. Elle refusa de se laisser émouvoir. Certes, son cœur de mère saignait, elle aimait toujours autant son fils mais il avait dévoilé - involontairement mais bon - son ascendance entâchée et impure à cause de sa maudite grand-mère aux mœurs déplacées. Toutefois, c'était le seul auquel elle avait toujours refusé de s'attendrir, de s'attacher. Comme si elle savait déjà qu'il partirait. Qu'il ne lui appartenait pas, ni à elle ni à l'Ordre du Trône. Cet amour maternel pour lui tué dans l'œuf s'était mué en blessure avec le temps. Cependant, ce traître n'était-il pas chef des Chevaliers ? Elle ne pouvait l'épargner impunément et elle devait, tout comme avec les autres, se montrer implacable.
Coupant court à ces réflexions, elle jeta un regard teinté d'ironie mais néanmoins dépourvu de la moindre chaleur à Aldérik, alors que le bruissement des conversations reprenaient.
- Monseigneur Aldérik de la Forêt d'Arkhash, nous ferez-vous l'honneur de faire connaître à cette assemblée votre réponse ? Prêterez-vous serment de vassalité ?
[HorsRP : Dashel ou Seren, à vous de poster o/ Et désolée du retard, je suis impardonnable ;__;] _________________
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Seren Sanae Assassin
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Joined: 30 May 2009 Posts: 45
Sexe:  Localisation: Paris Nombre RP(s): 16 Race: Lémundr Ordre: des Assassins Alignement: Indépendant Lame Soeur: Estë
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Posted: Thu 18 Feb 2010 - 18:10 Post subject: [RP Officiel / 14 Rutalis 1683] Une Aube Rouge |
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Aldérik
Les fils s’associant et se dissociant, s’agrippant pour mieux se griffer, s’arracher les uns les autres dans des perles de sang brusques et éphémères… Comme la morsure des loups. C’était cela l’existence.
En silence, le souverain des assassins laissait son regard errer dans la salle aux milles pierreries, effleurant à peine les tentures où d’anciennes scènes avaient été tissées avec minutie, montrant la grandeur de l’Ordre qui avait pour vocation de tous les gouverner. Une lutte de prédateurs. Tous autour de lui, il les sentait gronder et s’impatienter. La joute des jeux de pouvoir n’avait de sens que lorsque chacun agissait dans l’ombre et la dissimulation. Les réunir ici avait été une marque d’insolence dérogeant aux règles du jeu habituelles. Assurément, Céliya, la reine, avait voulu jouer un coup majeur.
Un sourire frémit sur ses lèvres, sous la blancheur de son masque.
Aldérik avait été le premier amusé lorsque le messager, tremblant de tout son corps au rythme des battements de son cœur éprouvé par la forêt et ses occupants, son royaume, s’était trouvé, genou à terre, devant lui. Le pauvre garçon avait déclamé l’ordre de la toute puissance aussi clairement que ses lèvres figées par la terreur le lui permettaient. Il était évident que cet individu ne s’était jamais retrouvé dans une telle situation, au cœur de l’Ordre des assassins et cerné par la majorité de ceux-ci. Son trône taillé à même la roche de la grotte où ils vivaient tous, Aldérik avait eu une moue compatissante à son égard, mais les lueurs que les torches jetaient dans l’océan sombre de ses yeux laissaient bien trop deviner tout le mépris qu’il avait pour lui.
Pour finir, il avait émis d’un ton doucereux la possibilité que le jeune homme souhaitait sans nul doute regagner au plus vite son royaume pour assurer à sa reine qu’il avait bien délivré son message.
Il n’en avait pas fallu plus pour qu’il prenne ses jambes à son cou.
Une semaine plus tard, Aldérik se tenait donc là, dans le palais de ces héritiers sûrs de toute leur puissance sur la foule amassée devant eux. Toute une meute qui ne comprenait pas le pourquoi d’une telle arrogance. Il eut un regard vers l’épouse du roi, apparemment source de toute cette mascarade. Il était clair que cette femme tenait, en les faisant venir ici, à tester le confort des nombreux coussins qui agrémentaient son trône. La vénalité de cette femme n’avait pas de limite, mais n’était-ce pas le cas de tous ceux appartenant à cet Ordre ? La preuve en fut donnée lorsqu’Edward vint parler « à la place des deux souverains ». Quelle phrase pleine d’hypocrite ! Et quel manque de subtilité pour ne pas crier au monde entier qu’il cherchait à se mettre en valeur… En vérité, songeant le souverain en qui tout criait vengeance, ce n’était que des paons.
Voilà pourquoi lui-même s’était entouré de personnes aussi efficaces et n’ayant pas pour but de l’évincer de sa position.
Elrik était beaucoup trop humble pour cela. Dashel n’avait pas le goût du pouvoir. Seren ne voulait que son indépendance. Kaë ne désirait qu’une victime : Seren.
Et tous voyaient en lui une personne lunatique, regardant comme on admire le beau temps ce qu’il se déroulait dans cette salle. Tous sauf Yaël peut-être. Voire sûrement. Il eut une pensée désolée pour le gâchis que constituait le jeune homme. Sans doute aurait-il eu beaucoup plus d’ambition si son père n’avait pas coupé à la racine les germes de la discorde chez lui. Elevé pour n’être qu’un instrument, le jeune homme y réussissait à merveille, il avait même été jusqu’à faire l’acrobate près de la fenêtre… Aldérik avait reteint un éclat de rire devant sa naïveté et son sens de l’obéissance absolu, crée pour la première raison de le détruire lui. Le regard bleu de l’assassin se reporta sur l’estrade et ses fauteuils de velours où siégeaient les souverains. La quête de Yaël serait toute autre.
Céliya, Edward, les héritiers, les souverains… Tous n’étaient que des pions se contrecarrant pour accéder à la place la plus haute. Mais lui avait le privilège du recul. Même s’il ne faisait pas exception à la règle. L’ambition.
Aldérik les contemplait tous comme pièces d’un jeu dont il aimait à tirer perpétuellement les ficelles. Tant que tout était sous contrôle, sa victoire était certaine, et il avait fait en sorte d’avoir sous la main les meilleurs guerriers possibles. Bien sûr, le hasard avait sa part dans le lot, et était de temps à autre un adversaire impromptu mais l’expérience lui avait permis de l’utiliser à sa guise. La perte de Sellan avait été autrefois regrettable, mais le produit qui en avait résulté en Seren, pleine de haine et de vengeance, compensait bien ce désagrément. Elle ne quitterait jamais l’Ordre tant qu’elle n’aurait pas mis fin elle-même aux jours de Kaë. Kaë qui aimait bien trop tuer pour ne pas être autre chose qu’un assassin cruel et impitoyable. Un à un, il s’était assuré à tous leur allégeance, au moins contrainte. Une manœuvre bien plus minutieuse que celle de cette reine de pacotille.
Un éclat d’ironie glissa dans ses prunelles quant cette dernière l’interpella, le sortant de sa feinte rêverie. Il tourna vers elle un regard qui la fit presque tressaillir. Chère reine, profitez bien de vos derniers temps de paix.
Aldérik fit quelques pas, sa voix s’élevant enfin, calme et posée.
« Bien sûr, reine Céliya. »
Il sentit se poser sur lui, avec un certain ravissement, il faut bien l’avouer, les regards de l’assemblée.
« Comme l’a fait aimablement remarqué le prince, nous sommes tous ici grâce à une confiance mutuelle. Nous ne tirerions à nous rebeller les uns contre les autres. »
Il jeta un coup d’œil signifiant au souverain des voleurs.
« A nous tous ici présents, nous formons une immense toile sur laquelle repose le royaume entier de Telmàriën. Pourquoi risquer d’en affaiblir les fils ? Nous dépendons les uns des autres. Dans cette optique, ma reine, une confiance est vite accordée quand sans les autres nous coulons purement et simplement. »
Il n’alla pas plus loin dans sa pensée. Ceux qui avaient l’esprit un peu aiguisé devineraient ce qui se cachait derrière ces demi-paroles. Car l’instinct de survie était bien ce qui les retenait tous. Sans cela, ils se seraient depuis bien longtemps entredéchirés. Quels risques l’Ordre du trône avait-il pris en les réunissant tous ici ? Aucun. Ils avaient tous besoin les uns des autres.
« Je vous prête donc serment d’allégeance, et ne serai pas celui qui ébranlera cette toile si habilement nouée. »
Ces mots ainsi prononcés lui procurèrent un délicieux frisson alors que la souveraine les recevait sans pour autant réaliser tout ce qu’ils impliquaient. La véritable lutte aujourd’hui se dissimulait au détour des phrases de chacun. _________________
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Kudran Sey'streïden Chevalier
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Joined: 31 May 2009 Posts: 20
Sexe:  Nombre RP(s): 4 Race: Lémundr Ordre: des Chevaliers Alignement: Austère Compagnon d'Ame: Svën
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Posted: Fri 19 Feb 2010 - 03:03 Post subject: [RP Officiel / 14 Rutalis 1683] Une Aube Rouge |
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Il régnait dans le repaire de l'Ordre des Chevaliers une agitation peu commune. Chaque Maître ou Aspirant semblait désireux d'être au courant des faits les plus récents. Ce qui n'alarma, ni n'intéressa le moins du monde Kudran, tout occupé qu'il était à... rester allongé en contemplant le plafond. Lassé d'entendre Svën tenter de faire la conversation toutes les trente secondes sans comprendre que son Lié n'en avait pas envie, il avait fini par fermer son esprit. Il était dans un de ces moments si agréables durant lesquels on est seul avec soi-même, dans son lit bien confortable, sans rien faire, sans penser à rien. Et il comptait bien à faire durer le plaisir.
Des voix dans le couloir filtraient jusque dans sa chambre. Il nota que ces voix se rapprochaient de sa porte... bientôt on toqua et on ouvrit, sans prendre la peine de demander avant d'entrer. Sans doute un Aspirant.
"Hé, vous en savez plus que nous sur cette convocation des seigneurs par la reine ?"
Interloqué, Kudran, sans prendre la peine de regarder son interlocuteur, lui enjoignit de continuer.
"Baaah, vous devez être le seul qui ne soit pas au courant !"
Ou bien le seul que cela n'intéressait pas.
"La Reine Céliya, poursuivit l'autre, a convoqué les seigneurs de tous les autres ordres pour d'obscures raisons au palais de Telrör..."
Une audience. Rien, somme toute, qui pût l'intéresser. Il congédia en remerciant son indicateur, et retourna à ses pensées... quand il eut une idée lumineuse.
°Svën, nous partons pour Telrör sur l'instant.°
...°Kudran, tu peux me dire ce que nous allons faire là-bas ?°Svën ne comprenait pas ce qui se passait. Le borgne l'avait tiré de ses préoccupations pour partir. Sans aucune explication. Curieux de nature, le Drake ne cessait de questionner un Kudran qui faisait la sourde oreille. Ils se retrouvaient à aller au pas de course à travers les Monts Argentés, en direction de la capitale. Après un long, long, long -et long- moment à tenter de cuisiner le Lémundr, le reptile finit par abandonner l'espoir d'altérer sa légendaire patience. Et ce fut à ce moment que Kudran lâcha quelques mos, avant de retomber dans son silence complet et impénétrable. "Nous allons trouver Kell'yü."Svën écarquilla les yeux. Mais, il le savait, il ne tirerait plus rien de son Lié pour le moment. Il se contenterait d'attendre... ...Le Palais de Telrör se dressait devant eux, imposant, fier. Svën était littéralement ébahi : les constructions de ce genre, dont les flèches s'élevaient glorieusement, dont l'or faisait scintiller la lumière du jour, dont les pierres d'une blancheur immaculée reflétaient les rayons du Soleil, l'impressionnaient au plus haut point. De son côté, Kudran, toujours fidèle à lui-même, ne s'y intéressa pas et avança jusque devant le grand escalier.
"Svën, maintenant voici ce que l'on va faire."
Tout en montant sur son dos, le borgne expliqua son plan, le plus naturellement du monde :
"Nous allons voir la Reine. Je lui demanderai gentiment si elle n'a pas d'informations à me donner quant à ma sœur. Au point où j'en suis... c'est un tout pour le tout. Comme nous n'allons pas être bien accueillis... nous allons passer quand même."
Sidéré, Svën protesta énergiquement. Mais face à la volonté d'acier de son Lié, il ne put rien faire : ils iraient, un point et c'était tout. Le plus naturellement du monde, Kudran ajouta un mot. Un petit mot.
"Fonce."
Le Drake ne se fit pas prier. Il se mit à charger, écrasant sur son passage portes et gardes, dans la confusion la plus totale. Ils finirent par, dans un grand fracas, faire éclater la porte de la salle de réception. Kudran descendit alors calmement ; toutes les voix des convives effarés s'étaient tues. Il laissa glisser son regard neutre sur l'assemblée, avant d'ajouter un simple...
"Bonjour." _________________
Mêle-toi de tes affaires; je ne me mêle pas des tiennes... |
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Lamia la Malveillante Dame Multivisage
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Joined: 13 Oct 2009 Posts: 8
Sexe:  Localisation: Pami ses petits sujets les Faucheurs Nombre RP(s): 7 Race: Déesse Masquée
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Posted: Wed 24 Feb 2010 - 16:42 Post subject: [RP Officiel / 14 Rutalis 1683] Une Aube Rouge |
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Et Kilian dit : que les portes s'ouvrent.
La foule un instant subjuguée par le spectacle qu'offraient ce Chevalier et ce Drake faisant une entrée fracassante avec à peine moins de bienséance que la Souveraine El'éwyhn bruissa soudain d'un millier de murmures. D'autres personnes surgirent dans son dos, sûrement celles laissées derrière les portes forcées. Des gardes en livrée royale accoururent de toutes parts, traversant la masse d'Héritiers, armes au poing. Un vent de panique commença à souffler dangereusement dans la Grand'Salle. Quelques dames s'évanouirent dans les bras de leur parent. La Mage Zara Howl, auréolée de son opulente chevelure corbeau, surgit au devant de tous, prête à se défendre. Elle fut aussitôt suivie par la Pirate Hamùchka Del Liberto, qui avait tiré son cimeterre hors du fourreau avec un sourire démoniaque. La Chevalière et sa Grâce rugissante, l'autre Pirate aux allures étranges, la petite Artificière, qui portait son chat-garou dégingandé sur l'épaule arrivèrent sur les talons des autres. La situation allait dégénérer à tout instant. Une petite tempête rousse émergea de la foule à son tour, se frottant les mains avec délectation et dardant un regard narquois et satisfait sur le couple royal. Une tempête nommée Hermione Mor'Averh. On la bouscula sans ménagements. La garde encerclait peu à peu les membres des six autres Ordres, fendant la foule agitée.
Debout au milieu de cette pagaille, Aethen Meneldur crut devenir fou. Rien n'aurait dû se passer ainsi, rien de tout cela... Les conséquences en seraient désastreuses. Il ne fit même pas attention à Lotheawyr près de lui. Il ne vit ni n’entendit la Souveraine d’Arcadis lever haut la main comme une supplique et intimer l’ordre sous forme d’un conseil d’éviter un bain de sang. Tout allait de travers ici. Il s’ébroua et bondit sur Zara, emprisonnant son poignet dans une étreinte de fer. Un poignet dont la grande main bronzée était parcourue soudain de petits éclairs écarlates, signe avant coureur que la magie propre à l’Oryak tatouée circulait dans ses veines en s’échauffant. Le jeune Souverain plongea son regard métallique dans l’ambre de sa comparse et auto-désignée rivale.
- Ne faites pas ça, Zara.
Sa voix dure sembla décontenancée la Mage mais elle reprit très vite ses esprits, vibrante de colère et d’indignation. Toutefois, elle ne pouvait désobéir à un ordre direct de son suzerain. Dans un sursaut de rage impuissante, elle prit un air offusqué et retira vivement sa main. L’air cessa de crépiter autour de ses doigts, rassurant un peu Aethen qui se détourna d’elle. Avant même qu’il n’ouvre de nouveau la bouche, une voix tonna dans la pièce comme un gong longtemps oublié, ébranlant la réalité.
- SILEEEEEEEEENCE !
Tous les regards convergèrent vers l’homme qui réclamait ainsi le silence de sa voix impérieuse, plus puissante même que celle de la tyrannique Reine Céliya et pourtant encore un peu chevrotante par manque d’exercice. Redressé sur son trône dans toute sa dignité, le visage sévère et les sourcils froncés, le Roi Borric Mor’Averh, héritier de son père, de sa Lignée et de Kilian elle-même toisait l’assemblée. Dans un regain d’énergie et royauté, en cet instant, il était ce qu’il aurait pu devenir si ses précepteurs ne l’avaient pas négligé et sa femme asservi dès le début de leur mariage. Certes, ils s’aimaient au plus profond d’eux-mêmes mais quand Céliya dissimulait cet amour sous des brimades, Borric le cachait sous une tendre affection pleine de lassitude. Toujours est-il qu’il se dressait là et avait enfin fait preuve d’autorité, surtout dans ce moment critique. Le spectre d’un Roi plein de bonté, juste et magnanime, se préoccupant du bien-être de son peuple, hanta la salle.
- Je vous en prie, se radoucit-il avec des gestes apaisants. Calmons-nous et restons lucides. Ce n’est pas ainsi que nous réglerons le problème. Puisque la cérémonie de vassalité est achevée, je propose l’ouverture du banquet de réconciliation. Mes Seigneurs et gentes Dames, gardes : rangez vos armes.
Le silence se fit embarrassé. La garde échangea des regards surpris et perplexes puis rengaina ses armes et alla de nouveau s'enfouir sous le vernis de l'aristocratie. Les Héritiers stupéfaits réussirent à recouvrer leurs esprits au bout de quelques secondes. Petit à petit, ils se dispersèrent, laissant une armée de serviteurs apportant trois longues tables, sur laquelle ils disposèrent une nappe blanche et des mets raffinés sortant directement des cuisines, encore tout frais ou tout chauds. En peu de temps, tout fut près et les tables alignées en colonne traversant de part en part la Grand'Salle. Les invités sen rapprochèrent et le bruit des conversations ne tarda pas à s'amplifier. Certains quittèrent le palais, peut-être avec soulagement. L situation enfin désamorcée, le reste allait peut-être se dérouler dans les règles. Un petit orchestre s'installa dans une alcôve et se mit à jouer un air discret et enchanteur, embaumant faussement la pièce pour détendre les esprits de conquêtes et de batailles.
Borric s'affaissa un peu, sitôt après son intervention et croisa le regard mortifié de son épouse. Celle-ci se reprit bien vite et, au hochement de tête de son mari ayant regagné un peu de sa confiance en soi, elle acquiesça et posa sa main délicatement gantée sur le bras ferme. Le couple royal se leva et descendit les quelques marches menant au trône, s'immergeant parmi les convives. Céliya étouffa presque avec panique la pointe d'admiration et de tendresse qui l'avait transpercée alors qu'un frisson glacial parcourait son échine. Son époux deviendrait-il plus fort ? La peur s'empara traîtrusement de son cœur. Tout cela la mettait en danger, elle et ses projets.
Remarquant le Souverain Del'Houn, le couple royal s'avança vers le Voleur aux cheveux pâles sous la pression des doigts de Céliya sur le bras du Roi. Ses yeux aussi froids que des émeraude émergeant sous la glace de l'hiver exprimèrent dédain, méfiance et répulsion en un clin d'œil. Sa voix, pourtant, fut plus posée et courtoise, comme s'il s'agissait d'une affaire sans gravité déjà réglée.
- Seigneur Del'Houn, nous vous ferons part de notre décision à votre égard, votre situation juridique étant particulière. En attendant, profitez donc de notre hospitalité.
Un mince sourire affable très vite disparu et la Reine se détourna de son interlocuteur, sa robe bruissant comme une conspiratrice. Ignorant son époux qui parait à la rencontre de ses amis et de quelque affaire, ses pas le conduisirent près de son rival qui, bien que ne montrant aucun signe d'engagement auprès de ses alliés auto-désignés parmi les autres Héritiers, restait un esprit nébuleux et tortueux. Humble, il fit un petit salut de la têta à sa belle-sœur et attendit, décontracté, qu'elle lui adresse la parole. La Reine le dévisagea pendant un instant, comme perdue dans ses pensées. Patient, Edward attendit encore, ne laissant rien paraître. Puis Céliya soupira et ferma brièvement les yeux, comme pour évacuer... Évacuer quoi, au juste ? Ils se trouvaient tout au bout d'un des tables, noyés dans la foule.
- Mon cher beau-frère, je vous propose de jouer cartes sur tables, voulez-vous ?
Plantant son regard vert étincelant de chat dans celui d'ambre liquide de l'Héritier face à elle, elle continua, une note d'ironie se glissant sur sa langue :
- Vous vous êtes fait passer pour le porte-parole du pouvoir royal aujourd'hui. Que diriez-vous d'avoir cet emploi à plein temps ? Cela nous permettra de régler certains problèmes diplomatiques tant dans nos rangs que dans la vie courante et, peut-être, tisser des liens plus forts dans cette famille si grande, si illustre et si ancienne qu'est l'Ordre du Trône. - Céliya, répliqua l'autre avec sérieux, sans fioritures. Le pourquoi de votre proposition ne m'échappes pas. Sachez que je n'ignores pas ce qui se trame ici tandis que j'offre toute mon aide disponible à mon frère. Nous l'aimons tous deux, à notre façon, admit-il avec un sourire tendre et malicieux avant de se reprendre. Nous ne devrions pas être ennemis. - ... Cela signifie-t-il que vous acceptez ? - Oui, j'accepte.
Les deux rivaux se séparèrent sur ces mots, sans un regard, sans un salut, leur dessein accompli.
[HorsRP : Vous voilà libre de rester au banquet où se joueront alliances et traîtrises ou quitter le RP Officiel pour d'autres RPs. Bon jeu \o/] _________________
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