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Lee Kel'Zaruk
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MessagePosté le: Sam 10 Mar 2012 - 12:27    Sujet du message: Même Ordre, mêmes Risques Répondre en citant

27 Rutalis, Automne 1683
 
Lee se pencha un peu plus au bord du toit. Il avait une vue imprenable sur la rue marchande en contrebas. Agenouillé ainsi, l’assassin ressemblait à une gargouille sur la façade d’une église d’art gothique. Les stands des commerçants étaient disposés de façon impeccable sur les côtés de la rue. Les marchands haranguaient la foule et les passants en vantant les mérites de leurs produits divers et variés. Tous criaient à qui-mieux-mieux, à celui qui attirerait le plus de clients. Un pâle soleil illuminait la cité de Telrör et dardait ses rayons sur les habitants, en cette journée de Rutalis. Malgré tout, une fine brise glacée balayait les ruelles et faisait danser les feuilles mortes sur les pavés. Le vent sifflait en s’engouffrant dans les ruelles et son imperceptible litanie s’élevait. Quelques bourrasques s’obstinaient à soulever les chapeaux des messieurs et mesdames, qui portaient alors une main hâtive à leur tête. Certains poussaient des jurons contre le vent incessant mais leurs paroles étaient presque totalement inaudibles face aux annonces braillées des marchands.
 
Près de Lee, deux oiseaux ayant élu domicile s’envolèrent finalement. La brise porta au jeune assassin les effluves alléchantes des plats chauds sortant des fours de certains restaurants ou encore l’odeur du pain sur les étalages des boulangeries. L’estomac du val se noua, aussi vide que les poches de ce dernier. Son ventre gargouilla bruyamment et Lee soupira. Peut-être était-il temps pour lui de descendre dans la rue pour chaparder quelques vivres. Ou encore mieux, un peu d’argent. Le soleil était maintenant à son zénith et le nombre de citoyens et de badauds errant dans la cité avait doublé. L’assassin plissa ses yeux gris ardoise et chercha du regard une potentielle cible à dépouiller, une personne innocente et vulnérable. Pas trop jeune quand même, car elle risquait de ne pas posséder un sou.
 
Lee avisa une jeune femme dans la rue en contrebas, richement vêtue, le visage fin et les cheveux nattés tombant dans son dos. Elle semblait si frêle, évitant les passants un peu bourrus en les dévisageant d’un air inquiet. Elle jouait des coudes pour se frayer un passage dans la foule. L’assassin s’apprêtait à quitter le toit pour dérober discrètement les biens de sa nouvelle cible lorsqu’un marchand empoté et n’ayant plus toute sa tête la saisit par le bras et l’obligea à observer les légumes qui trônaient presque fièrement sur son stand. La jeune femme paniqua, gifla le marchand et s’enfuit dans la rue en bousculant les autres clients. Lee soupira de nouveau, cela devenait une habitude. Sa cible venait de décamper aussi vite qu’elle était apparue dans son champ de vision. Mais le misanthrope n’en était peut-être pas si déçu. Descendre dans cette rue grouillante de monde juste pour la bourse d’une jeune femme ne l’enchantait pas. Tous ces gens qu’il effleurerait, tous ces yeux qui le fixeraient, peut-être simplement un quart de seconde,… Cette foule le repoussait au plus haut point. Et qui plus est, il n’était pas du tout sûr de son coup.
 
Lee remonta le toit jusqu’à atteindre une cheminée et s’y agrippa. Il jeta un dernier coup d’œil à la rue marchande et finit par basculer de l’autre côté, espérant intérieurement trouver un endroit un peu moins peuplé. L’assassin avisa une gouttière dans un angle de la bâtisse sur laquelle il se trouvait et s’en servit pour descendre du toit. Il sauta au sol et retomba silencieusement sur ses pieds. Ensuite, il se hâta de rabattre sa capuche sur sa tête. La ruelle où il se trouvait désormais ne comptait que peu de citoyens et les marchands avaient disparu. Enfin. Le jeune val traversa la voie en longeant les murs. Les rares personnes qui le croisèrent ne le remarquèrent même pas. Il errait tel une ombre, prêt à plonger sur le premier venu qui ne serait pas sur ses gardes. Le vent s’engouffrait dans l’étroite ruelle plus fortement que dans la voie principale. La cape que Lee portait sur ses épaules ondula sous les bourrasques. Un jeune homme se présenta bientôt dans le champ de vision de l’assassin. Il sifflotait un air mélodieux, les mains dans les poches et le regard levé innocemment vers le ciel. Le jeune val le frôla volontairement, quoiqu’un peu à contre cœur, et glissa rapidement et furtivement sa main dans la poche de l’autre. Il avait déjà fait cela des centaines de fois et ne s’était que rarement fait prendre. Dans les cas critiques, il improvisait. Un jour, alors qu’il s’était fait prendre la main dans le sac -c’était le cas de le dire…- Lee avait mimé un fou. Il s’en était tiré sans problème malgré un piètre jeu d’acteur. C’était ce qu’il appelait « Les risques du métier ».
 
L’assassin tira discrètement une maigre bourse de la poche du jeune homme et continua sa route comme si de rien n’était. Le tour était joué. Puis, alors qu’il s’apprêtait à quitter la ruelle pour remonter à l’abri des regards sur les toits, une silhouette colorée attira son attention. Un étrange personnage venait de faire irruption dans la ruelle d’une démarche peu commune. Ses vêtements aussi faisaient tournés les têtes des passants. Lee le dévisagea longuement jusqu’à ce que l’énergumène passe près de lui. Il fit un pas sur le côté pour éviter le contact avec l’étrange personnage et baissa d’autant plus la tête pour dissimuler son visage.
 
[HRP je ne savais pas comment faire pour que Lee remarque Arlequin donc si tu veux que je change, dis-le-moi.]
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MessagePosté le: Sam 10 Mar 2012 - 12:27    Sujet du message: Publicité

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Arlequin
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MessagePosté le: Sam 10 Mar 2012 - 14:19    Sujet du message: Même Ordre, mêmes Risques Répondre en citant

Au petit matin, alors que les gens commençaient à peine à se lever et que les plus matinaux faisaient déjà une petite sortie dans les rues de la capitale, un homme était lui debout depuis une heure, perché sur l'un des plus hauts toits du faubourg. Que faisait-il ? Eh bien, il attendait, immobile. Figé comme une statue, observant l'horizon et attendant que le soleil pointe ses premiers rayons, signe qu'il pourrait commencer ses activités.
Réglé comme une vieille montre à gousset, dès la première lueur l'Arlequin s'anima, prenant des postures de désarticulés pour faire craquer tout le cartilage de son corps et sans doute aussi pour s'échauffer un peu, en prévision d'une nouvelle journée d'extravagance et d’acrobatie. Une sublime journée ensoleillée propice au chaos, assurément.

Descendant de son poste d'observation urbain, le Chuchoteur prit le chemin d'une crèche qu'il avait remarqué tantôt. Lieu de la tendre jeunesse, cadeau d'un roi déjà oublié pour son peuple et notamment sa descendance, c'est par les graines de vie qu'il faut débuter la semonce du désastre ! Il en jubilait déjà et pourtant il ne savait pas trop ce qu'il allait y faire, il trouverait une fois sur place. Une fois parvenu à destination, il prit quelques balles de coton colorées et commença à jongler. Son succès fut immédiat et la moindre marmaille fit tout un caprice à ses parents pour venir voir le jongleur, qui non comptant d'envoyer en l'air les petites boules, faisait aussi de gracieuses acrobaties aériennes et dansait sur une musique audible de lui seul.

Sans que ce soit le but, Arlequin aperçut quelques piécettes voler vers ses pieds. Ha ! Comme c'était fort, ce sentiment de se sentir admirer ! Mais pour lui, cela n'était pas vraiment ce que pouvait ressentir un artiste de rue habituel, non de sa vision il se croyait au centre du monde, un peu comme un dieu, et cela pas seulement quand il faisait le pitre au beau milieu des badauds...

Une fois son spectacle terminé, il salua brièvement la foule, se dirigea vers une belle et jeune demoiselle au premier rang, au regard pétillant d'admiration, et une fois proche d'elle il tira brusquement sur sa manche, faisant sortir une rose aux pétales rouges et noires. Il posa un genoux à terre, et l'humaine tendit une main pour prendre le présent, si sombre et en même temps si attirant, mais l'Arlequin avait encore un tour à jouer ! Lorsque les doigts de la belle frôlèrent la fleur, il se relever et tournoya pour se retrouver sur son flanc arrière-droit, là il posa délicatement la rose dans la chevelure de l'humaine, et très discrètement profita aussi de cet instant pour lui arracher quelques bijoux.
Le secret de la magie et du vol, c'est de distraire l'attention, et il était passé expert dans tout type de distraction, d'illusion et d'effet optique.

Riche de quelques télions de bronze supplémentaires, et d'une magnifique paire de bagues et d'un collier, il ne lui restait plus qu'à observer son influence se répandre parmi les têtes blondes des environs, et il ne fallu guère longtemps. Une fois le spectacle de jonglage clos, plus d'un enfant tenta d'imiter l'étrange artiste coloré, et bien vite les premières disputes éclatèrent. Lend remarqua notamment un petit groupe, au centre un garçon pleurait, visiblement martyrisé par les autres. Quand la petite bande fut repartie, Arlequin s'approcha du maltraité et se pencha pour lui parler.

- Dis-moi, qu'est-ce qui t'arrive ?
- Ils... ils ont volé mes biiiiiiiilles !
- Oh ! Alors çà c'est vraiment méchant tu sais.

Le gamin hocha la tête et commença à essuyer ses larmes, puis il regarda l'inconnu dans les yeux, tout du moins dans un oeil puisque l'autre était masqué par une grille bleue, l'air sérieux et déterminé.

- Tu veux récupérer tes billes et qu'ils arrêtent de t'embêter ?
- Oui !

Affichant son sourire le plus sadique qui soit, Arlequin tira de sous sa tunique multicolore une petite balle, en fin tissu cette fois. Il la donna très délicatement au gamin.

- Prends çà, fais très attention c'est fragile ! Voilà ce que tu vas faire : lance cet petit ballon sur eux, attends qu'ils s'endorment, et reprend tes billes !
- Merci monsieur !

Quel gentil, poli et aimable enfant. Dommage qu'il doive se transformer en messager de la mort, car en effet dans ce ballon il n'y avait pas un simple somnifère, mais bien un gaz toxique qui aurait tôt fait de tuer les turbulents. Horrible ? Diabolique ? Profondément perfide ? Oui, c'était bien lui. Et il en riait déjà intérieurement. Ne voulant pas manquer une miette de son oeuvre, il alla s'asseoir sur le toit d'en face et admira. Le gaz fit son effet rapidement, après tout il s'agissait de jeunes enfants, alors pas étonnant. Mission accomplie ! Le garçon avait récupéré ses billes, bien qu'il toussa un peu mais qu'importe, et les autres ne l'embêteraient plus. Quel plaisir que de remplir ses contrats et d'aider la société, tout en répandent un peu de chaos.

Avant de repartir, Lend vit son messager morbide tomber à son tour. Dommage, il n'avait visiblement pas attendu assez longtemps avant de reprendre ses précieuses billes et avait également inspiré du poison. Tant pis ! Filant de toit en toit, ne se préoccupant plus du tout de ce qui venait de se passer, Arlequin fini par atterrir dans les ruelles reculées de la capitale.
Maintenant, qu'allait-il bien pouvoir faire ? Il avait déjà bien entamé son compteur du désordre, peut-être pouvait-il s'autoriser une pause et aller se balader, en quête d'inspiration pour ses prochains méfaits.

Rêvassant, il commença à déambuler dans les rues, marchant comme un soldat de plomb animé, comme on en voyait parfois parmi les créations magiques des Artificiers, ce qui avait le bon effet d'attirer les regards partout où il passait, Arlequin qui ce jour avait revêtu son habituel et préféré costume, tout de rouge, de mauve, de jaune, de bleu et avec çà un peu de vert, sans compter les paillettes, les plumes, et les bijoux... s'imaginait trônant sur les Chuchoteurs, maître d'un chaos sans limite, oui s'il parvenait à cette position tant convoitée on ne parlerait plus des Chuchoteurs comme de la vermine, le monde entier et les dieux eux-mêmes craindraient ce seul nom !
En attendant, il se contenterait de l'attention des gens qu'il croisait en se promenant dans Telrör. Ca lui rappelait un peu cet attentat d'ailleurs, quel moment magnifique ! Pourtant, ce n'était plus qu'un vague souvenir, il n'en avait conservé que l'important dans sa mémoire.

Soudain, quelque chose le dérangea. Comment était-ce possible ?! Un individu avait osé baisser la tête à son passage, alors que d'ordinaire tout le monde la lève ?! Impardonnable ! A peine était-il passé devant le dit individu, il se retourna en s'exclamant haut et fort.

- Ha !

Prenant une pose de poète dramatique, une main sur le coeur et l'autre tendue vers l'horizon, le tout en étant légèrement sur la pointe des pieds, il commença un monologue sans queue ni tête, comme il en faisait souvent.

- Si triste ! Je le suis, ne l'es-tu pas, ô toi qui, sans doute ébloui par tant de magnificence, baisse les yeux, me cache à ta vue, te cache à ma lumière. Petite graine, tu as besoin du soleil pour grandir, ne le sais-tu pas, ou l'as-tu oublié ?

Brusquement, il changea de posture, les bras largement ouverts comme un seigneur qui veut embrasser la foule, la tête légèrement relevée et les yeux baissés sur son seul public. Il le savait, le soleil était dans son dos et devait donner un certain effet sur sa personne, renforçant sans doute ses éclats écarlates dans la ruelle humide. Puis, il se pencha un peu vers l'homme, plissant ses yeux, lui donnant un air des plus perfide, et siffla tel un serpent. Pourquoi ? Lui-même ne savait pas, il était comme çà des fois.
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Lee Kel'Zaruk
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MessagePosté le: Dim 11 Mar 2012 - 10:35    Sujet du message: Même Ordre, mêmes Risques Répondre en citant

Un frisson glacé remonta dans le dos de Lee. Apparemment non, il n’était pas passé si inaperçu que cela. Le nouveau venu venait de lui adresser la parole et ses mots résonnaient encore dans l’esprit du jeune val. Que voulait-il dire ? Il semblait bien sûr de lui et narcissique pour parler de lui de la sorte. Il n’avait pas froid aux yeux, ce qui pouvait s’avérer qualité et défaut à la fois. Lee se retourna lentement et releva la tête, dévisageant ainsi d’un air impassible l’énergumène désormais devant lui. Ce dernier passa de poète mélodramatique à souverain aux bras ouverts, dans ses postures. Le misanthrope arqua un sourcil dubitatif. Cet étrange personnage n’inspirait guère confiance à première vue. Etait-il fou ? Ou tout simplement dérangé ?   

Comme pour illustrer d’un geste céleste ses paroles, le soleil dans le dos du nouveau venu mettait en avant sa silhouette. Les couleurs vives de son costume ressortirent telle une palette de couleurs. L’étrange personnage se pencha légèrement vers Lee en sifflant tel un serpent. Le misanthrope recula instinctivement. Mais le seul œil visible et plissé du fou le fixait toujours et lui donnait un air pas du tout rassurant. L’autre se trouvait dissimulé sous une grille. Les passants qui erraient tranquillement dans la ruelle stoppèrent leur marche pour observer les deux hommes face à face. L’un vêtu tel un clown et l’autre tel un vagabond. Les badauds avaient eux aussi écouté la phrase dépourvue de sens de l’énergumène et le dévisageaient en fronçant les sourcils.   

Puis brusquement, brisant le silence pesant qui s’était installé dans la ruelle humide, une femme fit irruption en clopinant et en toussant à en cracher ses poumons. Ses yeux étaient rougis et gonflés et les larmes creusaient un sillage bien visible sur ses joues. Malgré sa piètre tenue vestimentaire, ses cheveux étaient impeccablement lissés. De là où il était, Lee pouvait percevoir le souffle rauque et irrégulier de la femme. Elle tenait à peine sur ses jambes et dut à plusieurs reprises s’aider des murs pour ne pas tomber. Elle hoquetait dans ses pleurs. Que lui était-il arrivé ? Elle semblait si mal en point et pourtant, aucune trace de blessure ne se lisait sur son corps, pas de sang, rien. Clopin-clopant, elle s’approcha de l’attroupement qui s’était créé autour du misanthrope et du fou en costume coloré. Elle s’effondra finalement et fut rattrapée de justesse par un homme de la foule. Elle haleta entre deux hoquets, comme essoufflée :  

- Les en… les en…  
- Quoi ? Que vous est-il arrivé ? la pressa l’homme.  
- Les enfants… Ils sont…  
 
Elle toussa bruyamment et les passants attroupés reculèrent presque en même temps comme si la peste pouvait s’échapper de cette femme. Un sentiment de peur parcourut la foule. La frayeur était palpable à un kilomètre à la ronde. Lee observait la scène, attentif à ce qu’allait dire la femme. Il jeta un bref coup d’œil à l’étrange personnage qui affichait un sourire déconcertant. Le misanthrope ne comprit pas ce qui le rendait si sûr de lui et le faisait sourire de la sorte.   

- Quoi les enfants ? Qu’est-ce qu’il se passe bon sang ?   
- Les enfants… Ils sont morts…  
- Quoi ?!  

Un murmure paniqué emplit la foule, qui se transforma bientôt en des hurlements de panique. La femme mourut ainsi, tendant désespérément le bras vers la sortie de la ruelle. Effectivement, Lee put apercevoir des gardes se hâter dans cette direction. Il leur emboita le pas rapidement, sans que personne ne se rende compte de sa disparition. Lorsqu’il déboucha dans la rue principale indiquée par la femme, sa seule pensée fut : « Par Lamia… »  
 
Eparpillés au milieu des stands se trouvaient des dizaines de cadavres d’enfants et une fumée inquiétante commençait à se dissiper. Lee recula et porta hâtivement son bras à son nez. Des gaz toxiques. Voilà ce qui avait tué la jeune femme. Le misanthrope distingua, écroulé sur son stand, le corps sans vie d’un marchand qui avait probablement succombé lui aussi. Des gardes s’activaient déjà à emporter les corps et à chercher la cause de ce carnage. Qui avait pu faire cela ? Dans tous les cas, le fautif devait vraiment s’ennuyer pour tuer des enfants. Il avait dû bien rire devant cette scène, qui avait un côté assez comique en réalité.   
 
Au centre de toute cette pagaille se trouvaient des billes. Des dizaines et des dizaines de billes de couleurs diverses et variées, grosses, petites. Certains passants trébuchèrent dessus et Lee sourit intérieurement. Tuer en s’amusant était de plus en plus rare de nos jours, surtout en décimant tant de personnes innocentes. Quel coup sadique mais en même temps si ludique. Les cris des passants retentirent, après l’explosion dans une rue près du palais quelques jours plus tôt, qui avait fait aussi des dizaines de victimes, voilà que Lamia décidait de les punir une nouvelle fois. Une vieille femme était tombée à genoux et priait de toute la force de ses poumons que ces sombres présages divins cessent enfin. Lee craignait que ses paroles ne tombent dans l’oreille d’un sourd. Lamia ne semblait pas très clémente ces temps-ci. Le misanthrope se pencha pour saisir un bille qui roulait jusqu’à lui.   
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Arlequin
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MessagePosté le: Mar 13 Mar 2012 - 22:11    Sujet du message: Même Ordre, mêmes Risques Répondre en citant

Un si beau visage se dressait là, devant lui, à portée de main. Il n'avait qu'une envie, s'en emparer ! Il avait bien fait de s'arrêter. Il ne connaissait pas cet homme encapuchonné et qui voulait faire preuve de discrétion, mais sa tête lui plaisait et il décida de ne pas lâcher trop vite le concerné. Il allait tendre un bras pour saisir l'individu dont il ignorait le nom lorsqu'une femme fit irruption dans la rue, atteinte d'un mal inconnu. Ou peut-être n'était-il pas si inconnu que çà pour tout le monde. Il y avait un minimum d'éthique à avoir tout de même dans la profession, et l'Arlequin reconnaissait bien les symptômes d'un gaz toxique qui avait sans doute dû se trouver dans une de ses poches à un moment ou un autre !

Se redressant, Lend tourna la tête vers la nouvelle arrivante, oubliant l'espace d'un instant son précieux trésor de chair et de sang. Entendant ce que la femme déclarait, il ne pu se retenir de sourire comme un psychopathe, et un rire retenu résonna entre ses mâchoires. Magnifique ! C'était tout bonnement magnifique. Un superbe exemple de son génie machiavélique ; et l'extase vint avec la panique qui gagna les citadins alentours. Se recroquevillant sur lui-même, le Lémundr s'étendit ensuite brusquement, tête tournée vers le ciel, bras écartés et dos arqué en arrière, genoux fléchis. Il se retourna, bien décidé à fêter çà avec l'inconnu à qui il avait tenu un léger discours juste avant, mais en se retournant il ne vit que le vide.

Il avait été distrait trop longtemps, et sans attendre il grimpa à l'un des toits pour avoir une meilleure visibilité des environs. Dans la rue voisine des gardes s'étaient réunies et faisaient leur possible pour évacuer les cadavres encore chauds. Cette toxine était fichtrement efficace ! Pour sûr, il s'en resservirait. Ses yeux balayèrent frénétiquement la foule amassée autour des gardes, tentant de repérer l'homme. Finalement il le repéra, du moins il supposa que c'était lui, ne pouvant voir son visage sous la capuche, et il entreprit de le rejoindre.

Se déplaçant habilement entre les gens qui se pressaient dans tous les sens, il arriva finalement à sa destination. Une fois tout près de lui, il posa son pied sur la bille que l'homme s'apprêtait à ramasser, le coupant dans son geste. Baissant la tête, il afficha une toute autre expression que précédemment. Il souriait toujours, mais celui-ci ne le défigurait plus de manière inquiétante, il semblait plus naturel. Son regard aussi avait changé, il ne plissait plus les yeux mais continuait de fixer profondément son interlocuteur.

Puis, il pivota sur lui-même, envoyant du même coup la bille sous son pied valser plus loin dans le quartier. Plaçant une main gantée sur sa hanche droite, il désigna à l'aide de son autre bras les corps encore à terre de deux enfants, et une fois qu'il fut sûr d'avoir capté l'attention de l'inconnu, il tourna légèrement la tête sur le côté pour lui parler d'un timbre normal mais qui trahissait la malignité de celui qui prononçait les mots.

- Les graines ont vite poussé, et l'arbre du chaos étend désormais ses branches. Espérons que la rude saison n'arrive pas trop vite, que sa vie soit longue...

Ces derniers mots annoncèrent le retour d'un rictus sadique sur la face à un quart masquée de l'Arlequin qui semblait désormais attendre la réaction de son voisin, sans le lâcher du regard.
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Lee Kel'Zaruk
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MessagePosté le: Dim 18 Mar 2012 - 11:29    Sujet du message: Même Ordre, mêmes Risques Répondre en citant

Incrédule, Lee ne put retenir la bille qui tinta sur les pavés un peu plus loin. L’étrange personnage avait refait son apparition et observait le jeune val de haut, ce que ce dernier n’apprécia pas du tout. De sa main gantée, il désignait  les corps des enfants étendus au sol, moribonds. Lee suivit le bras de l’autre sans comprendre pourquoi l’énergumène  s’obstinait à le suivre ainsi. L’assassin regretta soudain la ruelle exigüe et discrète où personne ne pouvait les voir, si ce n’est quelques passants un peu trop curieux. Ici, en plein centre de la place ravagée et jonchée de cadavres, il était dur de passer inaperçu. Et la tenue vestimentaire de l’autre  attirait  l’attention des badauds. Pis, ses discours sans queue ni tête étaient déstabilisants. Une aura peu sûre enveloppait ce personnage dérangé. Etait-il fou ? Ou tout simplement sous le coup de l’alcool ?  

Les lèvres du clown déformèrent sa bouche en un rictus haineux. Lee se releva prudemment, défiant du regard l’homme coloré. Qu’entendait-il par « la rude saison » ? Le chaos semblait grandement lui plaire, quoi qu’il en soit. L’assassin se surprit à penser que ce personnage conviendrait très bien dans le rôle de l’auteur de ce carnage. Il arborait toujours son éternel sourire si déstabilisant, malgré les cris de douleur et de détresse qui s’échappaient de la ruelle. Les soldats venus en secouristes traînaient sur le sol les corps des gamins meurtris et asphyxiés, ainsi que ceux de certains passants qui avaient malencontreusement respiré les gaz toxiques. Certains parents s’agrippaient aux corps de leurs enfants, les larmes inondant leurs joues. La ruelle commença à être évacuée.  
 
Lee avait instinctivement dégainé son poignard au moment même où l’inconnu qui le suivait avait posé sa main sur la bille. Cela ne le faisait plus rire du tout. Que lui voulait cet homme qui ne montrait pas son visage, camouflé sous un masque coloré ? L’assassin serra la garde de son arme et ses phalanges blanchirent. Comment avoir confiance en un personnage  qui sourit pareillement ? C’était tout bonnement impossible. Le misanthrope concéda que la vie de cet homme devait être originale. L’existence des fous l’était toujours plus que ce que l’on  imaginait.   

Une personne dite normale aurait sûrement déguerpi à ce moment-là. Mais où était la normalité ? Lee se contenta de planter son regard dans le seul œil visible de l’homme  aux manies déplacées. Il attendit  son explication  sur  la raison de sa venue et de sa continuelle filature.  Cette plainte sempiternelle qui, en temps normal, résonnait dans l’esprit de Lee s’était tue. Elle semblait captivée elle aussi par la scène qui se présentait sous ses yeux. Ce n’était pas tous les jours que le jeune val avait l’occasion de faire connaissance avec ce genre de personnes.  

Lee montra d’un signe de tête les cadavres des enfants emportés par les soldats et interrogea l’inconnu du regard. Sa curiosité le poussait à savoir. Cet homme était-il dans le coup ? Il n’avait pas paru surpris en observant la scène quelques minutes auparavant. Soit  il faisait preuve d’une impassibilité sans failles soit il s’attendait déjà à ce spectacle mortuaire. Les deux propositions paraissaient crédibles, du moins pour Lee. Mais de toute façon, savoir ne lui apporterait rien de plus qu’une partie de ce carnage sur la conscience. Il n’en avait pas besoin. Pas du tout. Et pourtant…  
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Arlequin
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MessagePosté le: Dim 18 Mar 2012 - 15:03    Sujet du message: Même Ordre, mêmes Risques Répondre en citant

Heureux de constater qu'un certain intérêt se dégageait maintenant de l'inconnu pour ses actions, Arlequin se tourna vers lui complètement. L'homme en face de lui était-il très timide ou bien avait-il perdu sa langue ? Son mutisme ne le dérangeait pas vraiment mais il était curieux, et puis cela lui donna une idée. Malsaine bien entendu ! Il n'eut pas le temps de poursuivre l'échange verbal, un garde les approcha et vint les enjoindre à quitter la rue. Tiquant, le Lémundr qui détestait toute sorte de gardes, Sentinelles, soldats ou autre agent de l'ordre et de la justice, se tourna vers le nouvel arrivant et afficha... un visage des plus chaleureux, en total contraste avec l'expression qu'il avait jusque là adopté.

L'humain en armure semblait avoir rejoint les rangs il y a peu, tout du moins c'est ce qu'on pouvait en déduire de son jeune âge. Il n'avait pas de casque et tenait nerveusement la poignée de son épée, laissant entendre de légers cliquetis de tremblement à l'intérieur du fourreau. Prenant une voix claire, semblable à celle d'une femme, Arlequin entama une discussion qui tournerait court.

- C'est très aimable à vous de vous inquiéter de notre santé jeune homme. Laissez-moi vous offrir un petit cadeau avant que nous nous en allions.

Plongeant une main dans un petit sac accroché sous son costume, Lend en tira une minuscule bille de verre qu'il fourra dans sa bouche comme il aurait pu le faire avec un banal bonbon, puis il tira sans prévenir le garde jusqu'à lui et l'embrassa. Profitant de ce contact, auquel la victime n'avait sans doute pas dû se préparer, il laissa la bille de verre rejoindre la bouche du jeune homme avant de reculer. Instinctivement, le garde croqua dedans en refermant sa bouche, et l'enveloppe fine se brisa, libérant un liquide au goût sucré, trompeur. Encore surpris par l'entreprise de Lend, le jeune homme ne comprit pas trop ce qu'il venait d'avaler, mais visiblement il était convaincu d'avoir reçu quelque chose de fort agréable de la part d'une femme déguisée, ses joues s'étaient légèrement empourprées et il avait détourné le regard.

Sans attendre de voir le résultat, Lend pivota pour en revenir à son étrange compagnon et, le prenant par le bras, l'invita à quitter la rue encore légèrement gazée. Après à peine trois pas, on entendit le corps du garde s'écrouler. Les infimes morceaux de verre n'avaient pas fait grand chose, mais cela faisait tout de même mal de se couper la gorge ; mais le poison libéré mit fin aux souffrances du jeune humain dont le corps à terre était pourtant encore parcouru de spasmes.

Jetant un oeil à celui qu'il avait agrippé l'instant d'avant, Lend vit que la lumière se faisait dans son esprit. Tant mieux, il n'aimait pas s'expliquer. Une fois sortis, le Lémundr se tourna vers le bel inconnu et, avec sa voix normale, lui posa une question.

- Veux-tu bien choisir une carte ?

Tendant la main vers lui, Lend montra trois cartes, face découverte. La première représentait un drôle d'être ailé et cornu, haut en couleurs, perché comme une statue entre deux autres créatures étranges. La seconde, celle du milieu, ne laissait aucun doute : l'illustration était celle de la mort. La dernière montrait un homme revêtant des vêtements colorés, un peu comme Arlequin, il lui manquait tout de même beaucoup de choses pour lui ressembler vraiment.



Alors, laquelle allait-il choisir ?
Le diable, à la fois inquiétant et fascinant, symbole d'une puissance à double tranchant et fragile ?
Ou la mort, symbole de bouleversement, de fin et de commencement ?
Ou encore le mat, plein de surprises et changeant ?

Maintenant qu'ils avaient quitté la rue, ils se trouvaient à un carrefour de la ville basse. Les gens évacués commençaient à rentrer chez eux pour la plus part, mais d'autres restaient, discutant de ce qu'ils venaient de voir. Le chaos était terminé, c'était bien triste, ces fichus soldats l'auront tué fort rapidement. Il avait pu se venger sur l'un d'eux et cela l'apaisait un peu. Maintenant, il fallait passer à autre chose, il avait envie de s'occuper un peu de sa nouvelle rencontre. Preuve de ce nouvel état d'esprit, il avait conservé un sourire amical, mais son regard restait froid.
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Lee Kel'Zaruk
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MessagePosté le: Dim 18 Mar 2012 - 20:47    Sujet du message: Même Ordre, mêmes Risques Répondre en citant

Comme Lee s’y était attendu, un soldat vint bientôt leur demander de quitter le lieu de l’accident. D’autres gardes s’occupaient déjà de trouver la cause du carnage, qu’est-ce qui avait bien pu relâcher les gaz toxiques ? Le jeune val ne manqua pas de constater que la voix du soldat tressautait légèrement lorsqu’il leur adressa la parole. Il gardait la main sur la garde de son épée, tremblant légèrement. L’odeur de la peur régnait entre les trois hommes, le nouveau venu semblait apeuré par le spectacle des jeunes  corps sans vie jonchant le sol. Il paraissait frêle et démuni, pathétiquement faible. Plus que tout, il était jeune. Peut-être un ou deux ans de plus que Lee, pas plus. Et il n’était pas à l’aise du tout. Mais à la plus grande stupéfaction de l’assassin, le clown souriait toujours, d’un air nettement plus amical et décontracté. Il aurait pu enlacer le garde que cela n’aurait pas surpris Lee. Ce type était fou, plus rien ne l’étonnait venant de sa part.  

Mais l’inconnu, sûrement fidèle à sa réputation, réussit l’exploit de surprendre davantage le misanthrope. Il sortit de sa poche une petite bille de verre et la goba rapidement, sans aucune hésitation. Il agrippa ensuite le soldat par le col et le tira à lui pour l’embrasser. Lee écarquilla les yeux. À quoi jouait cet homme ? Ce n’était pas prudent de traîner par ici. L’assassin s’apprêtait à déguerpir sans le moindre remord lorsque le clown relâcha enfin le soldat qui recula, rouge comme une pivoine et les yeux baisser. Il semblait mâchonner quelque chose mais Lee l’observait quand l’homme déguisé le saisit par le bras et le tirait hors du lieu.  

Le jeune soldat finit par s’écrouler au sol et le misanthrope jeta un coup d’œil par-dessus son épaule tandis que le clown l’entraînait toujours hors de la rue. Les images défilèrent dans son esprit. La bille de verre, le baiser, les mastications. Le verre. Lee eut soudain mal pour ce pauvre garde, qui n’avait fait que son devoir. Il avait dû mourir dans la souffrance, ce n’était pas l’idéal. L’assassin ne put qu’apercevoir le corps du soldat agité de soubresauts avant que l’autre ne l’emmène hors de la rue. Lee aurait facilement pu se dégager et partir -enfin, ça, c’est ce qu’il pensait- mais il était trop captivé par la scène du soldat agonisant pour faire attention au clown. Qui se trouvait être en réalité un véritable psychopathe. L’assassin remercia Kilian de ne pas être mort à l’heure qu’il est. Mais que lui voulait ce clown, à la fin ?  

Lee n’eut pas le temps de ressasser cette question que l’inconnu lui présentait trois cartes, face découverte, et lui posait une question pour le moins étrange. Avait-il une idée derrière la tête ? Cet homme était si imprévisible qu’il s’attendait à tout. Il hésita aussi à partir très rapidement avant que celui-ci ne lui démontre une nouvelle fois ses talents de tueur sur des innocents. Ou sur lui.   
 
Lee observa les cartes une par une et se rendit enfin compte de l’absurdité de la question. Mais la réponse aurait sûrement des conséquences, elle. Les personnages se présentant devant l’assassin étaient tous plus curieux les uns que les autres. Le premier ressemblait au diable, surplombant fièrement deux petits êtres étranges. Le deuxième était un squelette muni d’une faux. La Mort. Et sur la dernière carte figurait un fou, aux vêtements colorés et tenant deux bâtons, semblait-il.   

Lee serra les dents et recula d’un pas en signe de refus. Il n’avait pas du tout envie de savoir quelles conséquences suivraient son choix. Mais rien de bien joyeux, sans aucun doute. L’autre type continuait de l’observer de son seul œil visible, et l’assassin sentait son regard peser sur lui plus que jamais. Mais s’il ne faisait rien, le psychopathe ferait, lui, forcément quelque chose. Lee finit par tendre la main vers les cartes et se saisit de celle du milieu : la Mort. Il releva les yeux vers le clown, une expression d’incompréhension imprimée sur son visage.   
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Arlequin
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MessagePosté le: Dim 18 Mar 2012 - 22:49    Sujet du message: Même Ordre, mêmes Risques Répondre en citant

Son regard insistant fini par avoir raison, et la mort fut choisie. Jetant les deux autres cartes dans un geste ample, levant haut les bras, laissant ressortir une pleine extravagance et un manque total de discrétion, Arlequin s'écria, à l'attention du Chuchoteur :

- Subliiiiiiiiiime ! Très bon goût que voilà.

Puis il se pencha vers lui, fermant son seul oeil visible mais l'observant toujours de derrière la grille de son masque, un peu comme s'il lui faisait un clin d'oeil. Avançant une main gantée vers la tête de l'inconnu qui semblait se préparer au pire, il se contenta de la poser sur sa capuche, comme un père aurait pu le faire à son fils, fier de lui. Mais de quoi pouvait-il donc bien être fier de la part d'une personne qu'il ne connaissait même pas ?
Sortant une bourse en cuir de sous son costume, il la laissa pendouiller devant les yeux de l'autre, puis il la secoua un peu, laissant entendre le bruit de télions à l'intérieur. Oui, cette fois il n'y avait aucun produit dangereux, juste de l'argent. Enfin, fallait-il considérer qu'aucun danger ne pouvait provenir de l'argent, or c'était là une source bien connue d'ennuis. Mais non, il n'y avait rien à craindre cette fois.

Lend se redressa et désigna du menton une des rues, dans le même temps il lança doucement la bourse à l'inconnu, avant de s'expliquer.

- Et si on allait manger un peu ?

Visiblement, avoir tué plusieurs personnes, sans distinction d'âge ou de sexe n'avait pas empêché l'estomac du Lémundr de fonctionner normalement. Bien entendu, il payait le repas pour deux, c'est ce que signifiait le don d'argent qu'il venait de faire, sans trop savoir quel somme exactement il venait de balancer. La réflexion étant faite et la proposition prononcée, Arlequin prit la direction de l'auberge dans laquelle il avait prit une chambre, car oui aussi étrange que cela paraisse il était comme tout le monde : la nuit, il dort dans un lit tout à fait normal. Sans même prêter attention au Val, ne sachant donc pas si celui-ci le suivait ou s'il avait déguerpi avec l'argent gagné facilement, il se rendit à la dite auberge.

Ce n'est qu'une fois là-bas qu'il se retourna pour poser les yeux sur son compagnon, ravi de voir qu'il avait fait le chemin également. Peut-être avait-il faim lui aussi ? Ils entrèrent et Lend lui demanda de l'attendre à une table. Tandis que le Chuchoteur dont il ignorait encore l'identité s'installait, il gagna sa chambre et se changea, puis revint dans la salle principale.



Les clients présents dévisagèrent le gaillard, désormais vêtu de noir. Les vêtements étaient assez amples, en fait le principal élément était une robe couleur ébène venant finir sa course sur des bottes en cuir dur de la même teinte. Quant au visage de Lend, on ne le voyait plus du tout, pas même les yeux tous deux cachés par des grilles sombres. Toujours dans la démesure, le masque était décoré d'une grande plume noire et de grelots d'argents qui laissaient entendre un petit tintement à chaque pas.

Retrouvant le muet, Arlequin tourna vers lui le visage inexpressif qu'il avait désormais. Impossible de se tromper, il n'y avait que lui qui pouvait avoir été se changer en çà... Sans plus d'explications sur ce soudain changement, il se contenta de tapoter la carte toujours en possession de son compagnon de table.
Dans la minute qui suivi, une serveuse vint prendre leur commande, regardant les deux hommes curieusement, mais des drôles en taverne il y en avait tous les jours !

- Que prendrez-vous messieurs ?
- Votre plat du jour.
- C'est un...
- Ne me dites pas ce que c'est, j'aime être surpris.

Le ton employé était aguicheur, et pour couronner le charisme, Arlequin sortit une de ses fameuses roses noires et rouges, qu'il offrit à la serveuse. Celle-ci fut un peu troublée mais accepta le geste et coinça la fleur dans sa ceinture avant de prendre la commande de Lee. Une fois qu'elle fut partie, le Lémundr se tourna vers son voisin et entama la discussion.

- Alors, tu ne peux pas parler, hein ? Dans ce cas les présentations seront courtes. Laisses-moi éclairer un peu ta lanterne, histoire de te guider un peu en avant dans les tréfonds ténébreux du mystère : je suis un Chuchoteur, et parmi les miens on me donne le nom d'Arlequin.

Ce nom ne devait rien dire à une personne lambda, au mieux si en face de lui il avait un autre Chuchoteur il aurait entendu parler de lui, et peut-être également de son organisation, le Carnaval.
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Lee Kel'Zaruk
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MessagePosté le: Lun 19 Mar 2012 - 21:22    Sujet du message: Même Ordre, mêmes Risques Répondre en citant

Après l’exclamation enthousiaste du clown, Lee arqua un sourcil interrogateur. L’autre se pencha sur lui, son seul œil visible clos, si bien que l’assassin ne pouvait chercher dans son regard quelle expression il arborait sous son masque. Il tendit une main et le misanthrope s’apprêta à reculer lorsque qu’il la posa sur sa tête. Lee se dégagea tout de suite. Que cachait encore cet étrange saltimbanque ? De nouvelles billes de verre dans ses gangs noirs ? Son éternel sourire toujours scotché au visage, le clown fit pendouiller une petite bourse devant les yeux de l’assassin, la secouant quelque peu. Il la jeta finalement à Lee qui hésita à la rattraper. Mais finalement, ses réflexes furent les plus forts. Malgré tout, il prit soin de ne pas serrer la bourse dans ses mains, on ne sait jamais, si elle explosait brusquement ou un truc dans ce genre.  

Le jeune val fronça les sourcils lorsque l’autre quitta la ruelle avec la ferme intention d’aller manger. … Hein ? Manger maintenant ? Une nouvelle fois, Lee fut totalement déstabilisé. Cela commençait à bien faire cette manie de surprendre les gens. Le saltimbanque avait prononcé ces mots comme si la chose était normale. Ce qui en était d’autant plus inconcevable. L’assassin observa la bourse dans ses mains sous toutes ses coutures. Il la secoua faiblement. Elle ne semblait pas piégée ou quoi que ce soit. C’était une première. Lee l’ouvrit avec prudence et jeta un coup d’œil curieux à l’intérieur. Les télions scintillaient.   
 
Le misanthrope releva la tête et distingua la silhouette du clown bifurquer à l’angle de la ruelle. Il s’élança silencieusement sur ses pas. Sans stopper sa course, il leva les yeux au ciel. Le soleil était à son zénith. Pas étonnant que l’autre ait commencé à avoir faim, midi approchait. Lee ne pouvait nier qu’il avait faim lui aussi, et depuis longtemps. Mais il était habitué à jeûner plusieurs jours d’affiler, patienter encore ne l’aurait pas dérangé. De toute façon, sans argent, il n’aurait pas trop eu le choix. Mais là… Le saltimbanque s’arrêta finalement devant une auberge que Lee connaissait bien. Il y venait souvent tard dans la soirée, lorsqu’elle commençait à être moins peuplée. Mais y entrer en pleine journée, avec tous ces gens assis à ces tables, ne l’enchantait pas du tout. Pourtant, il était décidé à ne pas dévoiler sa faiblesse au clown. Mais peut-être ce dernier l’avait déjà remarqué ?   

Celui-ci se retourna et avisa Lee qui l’avait  suivi. Puis il pénétra dans l’auberge sans plus hésiter et incita l’assassin à l’attendre à une table. Il disparut à l’étage où se trouvaient les chambres. Instinctivement, les yeux s’étaient posés sur les deux nouveaux lorsqu’ils étaient apparus dans le champ de vision des clients. Lee s’efforça de ne pas leurs renvoyer leurs regards pesants. Il s’exécuta donc et partit s’asseoir à une table dans un coin de la salle, un peu à l’écart, où les conversations des autres ne lui parvenaient pas. Le silence était son allié, et la discrétion sa complice -oui, enfin, pas tant que ça apparemment. Il patienta quelques minutes en songeant qu’il était depuis presque une heure en compagnie d’un étrange personnage qui ne devait pas inspirer confiance à beaucoup de gens. Psychopathe et potentiellement dangereux pour lui, par-dessus le marché. Lee avait vraiment le don pour s’attirer les rencontres les plus louches.  

Finalement, le saltimbanque revint, vêtu d’une nouvelle tenue voyante, toute de noire et dont le masque couvrait la totalité de son visage. Il était impressionnant dans une telle tenue et attirait plus d’un regard. Il vint s’asseoir devant Lee et ce dernier ne put savoir s’il avait gardé son sourire ou non. Il tapota la carte de la Mort que l’assassin gardait toujours à la main et ce dernier tenta de deviner quelle idée tordue il avait derrière la tête. Vainement.   

Une serveuse fit soudain irruption devant les deux hommes, coupant court les réflexions de Lee. Elle détailla longuement le clown puis finit par poser la question habituelle des serveurs, à laquelle tous, même le misanthrope, étaient initiés. Lorsque la femme se tourna vers l’assassin et lui posa la même question, le jeune val avait déjà sorti son calepin fétiche et son crayon à papier. La serveuse le laissa griffonner ce qu’il commandait, elle le connaissait, Zéphyr. Elle était au courant de son mutisme profond et de son incapacité à parler. Pour elle, il était muet. Comme pour tous, d’ailleurs. Mais elle semblait aussi surprise de le trouver ici en pleine journée. Pourtant, elle s’abstint de poser de questions. Elle savait que Lee n’aurait rien répondu et lui aurait jeté son éternel regard impassible. L’assassin déchira sa page et la tendit à la serveuse sans pour autant la regarder dans les yeux. « Eau » et « Pain à la viande » étaient les seuls mots griffonnés sur le papier. Lee avait toujours été habitué à manger cela, il ne voyait pas pourquoi cela devait changer, même en une si étrange compagnie.   

Le saltimbanque se tourna vers lui et entama sa présentation. Bon, le bon côté des choses était qu’il avait compris tout seul comme un grand que l’assassin était muet. Comme ça, pas besoin de lui expliquer, pardon, de lui écrire. Arlequin… Lee se répéta ce nom plusieurs fois dans son esprit et finit par avoir une sorte de déclic. Mais oui, l’Arlequin, le Chuchoteur, le Carnaval. Il l’avait déjà vu quelques fois, sans pour autant lui adresser la parole. Et le saltimbanque tenait sa réputation à l’Ordre. Comment l’assassin ne l’avait-il pas reconnu plus tôt ? Il dévisagea Arlequin. Bon, l’important était qu’il avait eu raison jusqu’ici : ce type était un psychopathe, fou et dérangé.   

Lee griffonna un nouveau mot sur son calepin froissé. Puis il le retourna le poussa du bout des doigts jusqu’à l’autre. Dessus était inscrit « Zéphyr ». Cela étonnait beaucoup le misanthrope qu’Arlequin ait déjà entendu parler de lui, même en faisant partie du même Ordre. Mais on ne savait jamais, et au moins il pourrait le nommer. Lee s’avoua que c’était la première fois depuis des années qu’il « parlait » avec une autre personne. Et qu’il allait manger avec elle. Cela lui semblait insolite. Mais il y a un début à tout.  
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Arlequin
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MessagePosté le: Ven 23 Mar 2012 - 16:28    Sujet du message: Même Ordre, mêmes Risques Répondre en citant

Attrapant le papier, il le retourna et grava dans son esprit l'unique mot écrit dessus. Zéphyr, cela ne lui disait rien, mais ça l'inspirait : une brise, discrète, légère, voire insignifiante au premier abord. Etait-il ainsi pour avoir un tel surnom ? Pour la discrétion, il avait au moins le bon don d'être muet, de naissance, par accident ou par pure volonté, cela l'importait guère, il ne parlait pas voilà tout.

Posant délicatement le papier sur la table, comme s’il s’agissait d’un bien fragile, il joignit les mains et fixa sa tête face au Val, prenant un long moment de réflexion. Il devait maintenant poser quelques questions, mais il attendit pour ce faire que la serveuse revienne avec les plats, il n’avait franchement aucun envie d’être interrompu pendant l’entretien, puisque c’est ainsi qu’il le concevait.
Le repas vint, pour Zéphyr ce fut du pain fourré de morceaux de viandes et de l’eau, un bien maigre menu. Quant à Lend, il avait droit à un bouillon de légumes et de viande assortit d’une miche de pain et d’eau. Avant de partir, la jeune serveuse le regarda un instant, curieuse, et s’en alla en ajoutant qu’il y avait du vin s’ils désiraient.

Il n’aimait pas l’alcool, d’ailleurs peu de Chuchoteurs appréciaient ces breuvages qui vous font perdre vos moyens. Les utiliser sur les autres, oui, mais point de consommation personnelle. Avec sa main droite, Lend attrapa le haut de son masque et, dans un mouvement lent, il le tourna sur lui-même à la verticale, plaçant la plume en bas et mettant la figure dessinée à l’envers. Une fois ceci fait, il releva très légèrement l’objet. De cette façon, il pouvait apprécier son repas tout en conservant le visage caché derrière la grande et large plume noire, dont on pouvait se demander de quel volatile elle était issue.

- Quel magnifique visage, et ces yeux... Plus d'une femme doit avoir envie de toi dans sa couche, n'est-ce pas ?

Adoptant un ton des plus sérieux, signe sans doute qu’il pouvait être autre chose qu’un dangereux psychopathe, il entama les questions sans quitter des yeux son compère muet, prêt à recevoir une flopée de papiers.

- Je me demande en quoi tu crois. Es-tu de ceux qui pensent que les dieux tirent les ficelles, ou prends-tu ton destin en main ? A quoi aspires-tu dans la vie, la gloire, l’honneur, la richesse, le pouvoir ou… autre chose ?

Il s’attendait à être surpris par les réponses de son interlocuteur, et il serait déçu que les réponses soient banales. En attendant, Lend émietta son pain, et avec les petits morceaux de croute et de mie, il commença à dessiner quelque chose sur la table. Lentement, on vit clairement se former un œil, puis autour les premières lignes d’une tête naquirent. Ensuite on distingua un bec et des ailes, puis les pattes, bref c’était un oiseau.

Emiettant à nouveau son pain, le Lémundr dessina ensuite un crâne sous les serres du volatile. Le croquis était plutôt réussit, et toute personne avec un minimum de connaissance théologique pouvait reconnaitre l’un des symboles par lequel on pouvait représenter la déesse Lamia. Très peu osaient faire cela, surtout en public. Pourtant, pour Lend, la Déesse Multivisage était l’excellence. Il ne la priait pas, non il n’était pas un fanatique, mais il la servait fidèlement, c’était sans doute la seule entité en laquelle il avait une once de loyauté et de respect.

D’un geste vif, il éparpilla les miettes sur la table et par terre, comme si son esprit se concentrait sur un tout autre sujet. Bien, l’heure de voir les réponses était arrivée. Il reporta son attention sur Zéphyr tout en continuant de déguster le bouillon.

- Le vent est solitaire, mais a-t-il choisit cette solitude, n'a-t-il jamais désiré pouvoir être arrêté et pris par la main au moins une fois ?
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Lee Kel'Zaruk
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MessagePosté le: Ven 23 Mar 2012 - 20:54    Sujet du message: Même Ordre, mêmes Risques Répondre en citant

La serveuse revint vite, ce qui surprit beaucoup Lee. Il n’était pas habitué à une telle ponctualité de la part des autres. Tout en buvant, il observa d’un œil interrogateur l’Arlequin retourner son masque de manière à pouvoir manger sans dévoiler son visage. Que craignit-il vraiment ? Avait-il peur de quelque chose ou de quelqu’un ? Puis lorsqu’il prit finalement la parole, Lee se figea et le fusilla du regard. Il n’appréciait pas que les gens parlent de lui aussi ouvertement. En réalité, il n’aimait pas que les gens parlent de lui tout court. Il préférait ne jamais songer à ce qu’avait dit Arlequin, c’était inutile d’après lui.  

En mangeant, Lee dévisagea les autres clients de l’auberge. Trois hommes se trouvaient dans un autre angle de la pièce et parlaient à messe basse. Un autre à l’air bourru était accoudée au bar et commandait son énième bière depuis son arrivée, peu après les deux Chuchoteurs. Une autre femme se tenait derrière le comptoir et astiquait des verres déjà propres, peut-être pour passer le temps. Elle avait le regard perdu dans le vide. À une autre table, un homme mangeait seul et silencieusement. Lee les observa un à un, cherchant de potentiels ennemis. Il n’était pas paranoïaque, juste misanthrope.   

La voix de l’Arlequin le tira de ses pensées. Il était bien curieux pour un Chuchoteur et posait une suite continue de questions. L’assassin ne se résolut pas tout de suite à répondre, préférant observer l’autre émietter son pain pour créer une mosaïque de miettes sur la table. À l’envers, Lee ne discerna qu’un oiseau. Mais si le saltimbanque l’avait dessiné, c’était qu’il y avait une bonne raison. En un geste, les miettes furent dispersées aux quatre coins de la table. Le misanthrope cligna des yeux. Il avait été absorbé par les gestes de l’Arlequin durant son petit manège.  

Finalement, Lee empoigna son crayon et se mit à écrire les réponses aux questions du Chuchoteur. Pendant qu’il griffonnait rapidement, l’autre reprit la parole avec une nouvelle interrogation. Bien qu’elle fut implicite, le misanthrope comprit où Arlequin voulait en venir et il esquissa un sourire désabusé sans pour autant stopper son écriture. Lee avait bien envie de lui retourner toutes ses questions. Mais il s’en abstint pour la plupart.  
 
« Cela serait trop simple de laisser retomber toutes ses erreurs sur le dos du destin. Tout comme la vérité, il n’existe pas. Il n’est qu’un mot, un principe que les hommes ont créé pour pouvoir trouver une excuse valable à leurs fautes. Quant aux dieux, ils sont la porte de secours qu’ont imaginé les gens lorsqu’ils se trouvaient dans le désespoir ou dans l’incapacité de réagir face aux horreurs de la nature. »  

Lee tendit le bout de papier à l’Arlequin et en commença un nouveau :  
 
« Faut-il forcément qu’un homme aspire à quelque chose dans la vie ? Vivre n’est-il pas suffisant sur ce monde ? Et je trouve que par les temps qui courent, cela devient un véritable challenge. Mais puisque tu en parles, peut-être que j’aspire à la simple volonté de laisser une trace de mon passage sur ce monde, autrement qu’avec le pouvoir, la richesse ou la popularité. »  
 
Lee arracha le papier et termina par répondre à la dernière question :  
 
«  Pas le moins du monde. Le vent est incontrôlable, ne l’oublions pas. »  

Il tendit la feuille à Arlequin et releva la tête, plantant son regard sur l’autre Chuchoteur. Il n’avait nullement peur de répondre à ses questions, il était juste anxieux à l’idée que le saltimbanque ne réponde pas aux siennes.  
 
« Et toi, que vas-tu faire de ta vie ? L’existence est longue, il est si facile de s’ennuyer. Je conçois que tuer des passants aussi simplement peut se montrer fort divertissant. Mais peut-être vises-tu plus fort que toi, plus haut placé ? Le pouvoir ? »  
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Arlequin
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MessagePosté le: Sam 14 Avr 2012 - 18:00    Sujet du message: Même Ordre, mêmes Risques Répondre en citant

Lend attendit que Zéphyr termine de rédiger tous ses papiers, avant de reprendre un peu de son bouillon. Il ne voulait pas répondre trop vite, et le repas offrait une bonne raison de prendre le temps de la réflexion. En lisant les lignes du Chuchoteur, Arlequin eu l'impression d'avoir quelqu'un de fortement désintéressé en face de lui. Motivé par rien, et libre. En fait, la vision de la vie peinte sur les bouts de papier était assez morne. Un contraste assez grand par rapport aux motivations du déguisé qui ne savait pas rester tranquille. Préférant ne pas revenir sur les réponses de son comparse, il garda ses observations pour lui et se contenta de répondre directement à sa question.

- Je serai bientôt assis sur le trône de pierre et de feuilles.

Avalant le reste du bouillon, il prit un peu de pain qu'il glissa sous les plumes pour le déguster lentement, observant toujours son confrère depuis la fente de la bouche du masque retourné, ce qui limitait beaucoup son champ de vision d'ailleurs, focalisé sur Zéphyr. Ne sachant pas trop où cette conversation allait mener, peut-être nul part, Lend replaça correctement son masque noir après avoir reprit une autre bouchée du pain, puis il croisa les bras sur la table.
Ce qu'il avait répondu n'était pas une supposition ni un simple souhait, il était sûr que cela se ferait, après tout il prévoyait toujours ses coups longtemps à l'avance et les premiers préparatifs de son coup d'état devait déjà être en train de se faire, lentement, sournoisement et surtout discrètement, au coeur de la forêt des Chuchoteurs. Une fois la roue mise en route, il ferait en sorte qu'elle ne s'arrête pas.

Qu'importe d'être soutenu, ou d'être apprécié, tout ce qui lui importe est le pouvoir et l'ouverture de la large porte du souverain. Ce qu'il ferait de tout ce pouvoir ? Trop de choses pour pouvoir les citer, mais fallait-il encore que son plan réussisse, sa plus grande entreprise sans aucun doute... L'homme devant lui pouvait-il s'avérer être un allié ? Il n'avait pas vraiment l'air intéressé par les ennuis, ce qui est le cas de beaucoup d'entre eux de toute façon. Cependant, peut-être trouverait-il là sa façon de laisser une trace sans pour autant être au premier plan de l'action. Lend n'avait besoin de personne d'autre que lui-même pour mener son plan de front, mais il fallait bien avouer que derrière il avait un large soutien. Avoir fondé le Carnaval avait été une bonne idée. Un groupe complet d'hommes et de femmes dévouées à sa cause, et il n'avait même pas eu à les acheter. Certains sont venus d'eux-mêmes, attirés par le personnage ou le profit de suivre un tel être mystérieux, d'autres enrôlés par les artifices oraux...

Plissant les yeux, Arlequin encra son regard voilé dans celui à découvert de Zéphyr, s'il avait eu des grappins à la place nul doute qu'il aurait été bien arnaché. Puis, fatigué de ce silence, il le brisa.

- Nombreux sont ceux qui doutes, et encore plus ceux qui n'osent pas. Le bien n'est pas toujours distinct du mal, et bien souvent on se contente de se rassurer en se disant que la faute revient à celui qui donne les ordres. Je ne prétends pas pouvoir apporter le bonheur absolu à notre Ordre, mais j'ai suffisamment de volonté et de force pour mettre un terme aux spasmes de faiblesse qui parcourent les lames des Chuchoteurs depuis que la Main de Fer est tombée. Grégor Sandor est parti en emportant sa force avec lui dans sa tombe, depuis l'Ordre se meurt, amorphe, dans l'attente d'une décision qui ne viendra pas toute seule.

Il se redressa un peu sur sa chaise, prenant appui sur le dossier. Il attendit de voir la réaction de Zéphyr avant de poursuivre.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 18:09    Sujet du message: Même Ordre, mêmes Risques

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